"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 25 septembre 2011

Le sourire de saint Edouard le Confesseur et les Sept Dormants d'Ephèse



Il arriva un jour de Pâques que le roi Edouard, lui qui fut confesseur et fut depuis appelé saint, était assis à dîner avec toute sa cour autour de lui. Vers le milieu du banquet un silence tomba sur la société, et il fut remarqué que le roi souriait, mais que bientôt son visage s'assombrit et "tomba dans une lourdeur." Tous les invités auraient bien volontiers voulu connaître ce qui avait causé sa gaieté et sa tristesse, mais aucun n'osa le lui demander jusques après le dîner où le duc  Godwin, l'ayant suivi quand il se retira de la table pour aller dans son propre appartement accompagné d'un évêque et un abbé , l'interrogea.
Le roi répondit: "Comme j'étais assis au repas et que  je songeais, comme c'est à mon habitude, à la grande bonté de Dieu de m'avoir donné une telle abondance de nourriture et de boisson, de beaux vêtements et des serviteurs, des richesses et la royauté, je L'ai remercié dans mon coeur et Il m'a ouvert les yeux. Puis je vis, comme si j'avais été dans le lieu même, Sept Dormants qui se trouvent dans une grotte du mont Coelion à côté de la ville d'Ephèse. Et j'ai souri quand je les ai vu tous se tourner du côté droit vers la gauche. Mais quand j'ai appréhendé ce que cela signifiait, je perçus que je n'avais aucune raison de rire, mais plutôt d'être en deuil, car alors qu'ils étaient couchés pendant de nombreuses années sur leur côté droit, le fait qu'ils se tournent signifie que pendant soixante ans, ils doivent se coucher sur le côté gauche, au cours de ces années, la faim et la mort, la peste et pestilence, les grandes batailles et les tremblements de terre seront présents par tout le monde. "
Ceux qui entendirent le roi s'émerveillèrent à sa parole, et envoyèrent des gens vers l'Empereur pour savoir s'il y avait en effet une telle ville ou une telle montagne, et si il y avait sept dormants dans une grotte.
L'Empereur, à son tour alla à Ephèse, au mont Cœlion, trouva la grotte, et à l'intérieur sept martyrs, tous couchés sur le côté gauche! Il était émerveillé à ce spectacle. Après la mort de l'Empereur, conformément à la prophétie de saint Édouard, les insurrections commencèrent à travers le monde entier, la peste, et toutes sortes de fléaux et de visitations [néfastes].
Maintenant, parlons des Sept Dormants, ces sept jeunes chrétiens qui vivaient à l'époque de l'empereur Dèce. C'étaient Maximien, Malchus, Marcus, Denys, Jean, Sérapion et Constantin. Ils furent accusés devant le souverain parce qu'ils avaient refusé d'offrir des sacrifices aux dieux, mais ils s'échappèrent au mont Coelion et se cachèrent dans une caverne. Ils furent cependant trahis et découverts alors qu'ils dormaient, et par ordre de l'Empereur furent emmurés dans la grotte. Mais deux chrétiens, Théodore et Rufin, écrivirent un récit de leur martyre et mirent le parchemin, fermé avec des sceaux d'argent, parmi les pierres qui bloquaient l'ouverture de la grotte.
Deux cent huit ans plus tard, quand l'empereur chrétien Théodore régnait, il souffrait de l'hérésie qui avait surgie, niant la résurrection des morts. Chaque jour, il se retirait dans un lieu secret de son palais et pleurait en prenant le sac et la cendre. Dieu récompensa et justifia sa foi, de la manière suivante.
Un certain bourgeois d'Ephèse, en creusant pour faire une écurie sur le mont Coelion, trouva la caverne; la lumière et l'air y entrèrent, et les dormeurs se réveillèrent, pensant qu'ils avaient dormi, mais seulement pendant une nuit. Un d'eux, Malchus, fut choisi pour aller à la ville acheter de la nourriture. Il avançait avec crainte et tremblement, supposant que sa vie et celle de ses compagnons était en grand danger.
Il s'avança prudemment vers la porte de la ville et fut surpris à la vue d'une croix placée au-dessus de celle-ci. Il essaya une autre porte, il trouva une autre croix. Il se croyait rêver, mais couvrant son visage, il entra dans la ville et il alla acheter du pain. Entendant partout le Nom de Jésus-Christ dit courageusement et ouvertement, il était de plus en plus perplexe. Enfin il arriva chez un boulanger et acheta du pain. En paiement, il offrit une pièce de monnaie dont le boulanger n'avait jamais vu l'équivalent; le boulanger en vint donc à la conclusion que Malthus avait trouvé un trésor antique caché, il l'accusa immédiatement, et par peur, Malchus ne savait que dire. Lorsque les spectateurs virent son désarroi ils lui mirent une corde au cou et le traînèrent devant le consul et l'évêque.
Après beaucoup de questionnement, la vérité fut découverte, et Malchus conduisit tous les hommes importants de la ville, suivis par la foule, à la grotte de mont Cœlion. A l'intérieur les autres jeunes gens étaient assis, "leurs visages semblables à des roses en fleurs", et brillants comme le soleil. Ils trouvèrent également la lettre de Théodore et Rufin, scellée avec les sceaux d'argent, parmi les pierres déplacées à l'embouchure de la grotte.
On envoya chercher l'Empereur et il vint en hâte. Entrant dans la grotte, en larmes, il embrassa chacun des sept, disant: "Je vous vois comme si je voyais le Seigneur ressuscitant Lazare."
Maximien, lui dit alors: "Croyez-nous, ô empereur, car notre Seigneur nous a ressuscités avant le Jour du Jugement afin que tu crois fermement à la résurrection des morts!"
Après ces paroles, ils ont tous inclinés leur tête vers la terre, et ils ont rendu à Dieu leur esprit.
L'empereur voulait faire des sépulcres d'or et d'argent pour eux, mais ils lui apparurent cette nuit-là et lui dirent de les laisser rester dans la terre de la grotte (sur leur côté droit), comme ils étaient restés depuis si longtemps allongés, jusques au jour de la résurrection finale.
Revenons à saint Édouard.
Il arriva à une autre occasion, à Pentecôte, quand il était en prière devant l'autel à Westminster pour la paix et la tranquillité de son royaume, que, à l'élévation du Saint Sacrifice, il "eut un rire doux et modeste", si bien que tous ceux qui étaient présents se demandaient ce qui arrivait, mais encore une fois, ils n'osaient pas lui poser des questions avant que l'office ne soit terminé. Alors, quelqu'un de plus audacieux que les autres, lui a demandé pourquoi il avait souri, et il leur a dit que, comme il priait, il avait vu dans une vision ses ennemis au-delà de la mer, les Danois, assemblés en grand nombre et embarquant des navires pour venir attaquer le royaume d'Angleterre. Comme le roi de Danemark était sur le point de s'embarquer, il tomba entre deux navires, et se noya, et par sa mort à la fois le peuple du Danemark et le peuple d'Angleterre  échappèrent à un grand péril.
"Cela", conclut-il, "était la cause de mon sourire."
Ceux qui ont entendu le roi raconter sa vision envoyèrent immédiatement des messagers pour le Danemark pour savoir si cela pouvait être vrai. Lorsque les messagers revinrent, ils indiquèrent que c'était vrai en effet, et que le roi du Danemark avait été noyé au moment où saint Edouard avait souri.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Edward the Confessor


voir aussi Prière

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