"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

vendredi 22 octobre 2010

Sur la Mère de Dieu et son obéissance



J'avais mentionné une fois dans l'église comment les fêtes dédiées à la Très Sainte Mère de Dieu forment, en quelque sorte, le cadre du calendrier de l'Eglise. Ceci est particulièrement visible lorsque l'on considère le fait que nous commençons notre calendrier en Septembre avec sa Nativité et y mettons fin en août avec sa Dormition. C'est comme si l'année liturgique forme une image, une icône de la Mère de Dieu, une prière semblable à cette supplique qui lui est dédiée dans l'ensemble de nos ecténies dans lesquelles nous "commémorons notre très sainte, très pure, toute bénie et glorieuse Dame, la Génitrice de Dieu [...]offrons-nous les une les autres, et toute notre vie au Christ notre Dieu ". Je pense que cette supplique qui commence avec le fait que nous la commémorons, et se termine avec nous qui nous confions nous-mêmes et confions notre vie au Christ notre Dieu, commence à nous révéler à quel point grand est le mystère de la Mère de Dieu. 


Elle est, en effet, la plus grande parmi les saints chrétiens, pourtant toute sa grandeur réside dans son obéissance, c'est-à-dire à ne pas faire ce qu'elle veut, mais dans sa réponse à l'invitation du saint Archange: "Qu'il me soit fait selon ta parole! "

C'est aujourd'hui, en fait, que nous célébrons sa Nativité et nous avons entendu à la Liturgie de ce matin la lecture de l'Evangile qui est assigné pour toutes les fêtes de la Génitrice de Dieu, l'histoire des sœurs Marie et Marthe (Luc 10:38-42; 11:27, 28). Nous sommes tous familiers de cet Evangile. Pourtant, je trouve assez curieux que cet épisode soit précédé d'une histoire donnée par le Seigneur à propos des bonnes actions. A savoir, la parabole du Bon Samaritain (Luc 10:25-37). 


Par la suite, quand on nous donne l'exemple de Marthe, tout de suite après avoir entendu parler des actions de ce Bon Samaritain dont on fait l'éloge, nous imaginons qu'elle devrait recevoir des acclamations similaires. Mais tel n'est pas le cas. En dépit de sa hâte à servir le Seigneur, il s'avère que Marie, qui "s'était assise aux pieds de Jésus et écoutait sa parole", est l'objet de Sa louange.

De même, c'est à l'image de la Génitrice de Dieu, qui témoigne de notre recherche non seulement de faire le bien, mais d'être capable d'entendre "sa parole" pour cette raison notamment - que nos bonnes actions sont vraiment bonnes. 


Après tout, ce n'est pas notre service de notre seul prochain qui garantit notre salut. C'est plutôt, nos bonnes actions, cette "lumière", qui doit émaner de nous, pour, selon les paroles de notre Seigneur, "glorifier [notre] Père qui est dans les cieux" (Matthieu 5:16). En d'autres termes, il ne faut pas faire notre volonté mais celle de Dieu. Car en effet c'est seulement lorsque nous avons choisi cette "bonne part qu'elle ne nous sera pas ôtée".

Bonne fête!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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