"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

vendredi 8 octobre 2010

SAINTE OLGA D'ALASKA (II): COMMÉMORATION le 8 novembre



Blessed Mother Olga of Alaska pray for us!



Parfois, je trouve après avoir lu la vie d'un saint en particulier, que sa sainteté semble si inaccessible, car sa vie est si différente de la mienne que je repars découragés Ce n'est pas le cas avec la bienheureuse Olga d'Alaska. La petite Olga, ou Olinka, est née dans la famille de Michael le 2 Février 1916. Olga a grandi dans un village Eskimo du nord de Kwethluk, en Alaska, entouré par la charité Youp'ik traditionnelle. De son cœur, cette même charité a débordé naturellement à tous les autres, sans distinction de race ou de religion.

Olga connaissait les peines d'une mère de première main. Elle était mère de 13 enfants, bien que 5 soient morts. Mère Olga était sage-femme et guérisseuse et elle était connue pour sa prescience : elle savait qui était enceinte avant même l’intéressée. Souvent, les cas d'abus sexuels étaient connus d’elle dans l'intimité du bain de vapeur, ou en sa qualité de sage-femme du village. Dans le feu de leur douleur, Matouchka guérissait, ressuscitait et consolait les âmes, comme un frais ruisseau par une chaude journée d'été. Sainte Olga est toujours active et elle guérit par ses prières ceux qui souffrent, quelle que soit leur religion ou leur nationalité. Récemment, on a un récit de son apparition avec la Mère de Dieu et la guérison d'une femme victime de violence et il y a d'autres personnes qu'elle guérit tranquillement et à qui elle apporte la consolation aujourd'hui.

Bien que sa vie semble ordinaire, son amour pour Dieu et le prochain fut extraordinaire. Olinka voyait Jésus dans tous les gens qu'elle rencontrait. Ses enfants se souviennent qu’elle donnait leurs vêtements avant qu'ils ne leur aillent plus. Elle avait l'habitude de leur dire, "Si vous voyez votre robe portée par quelqu'un d'autre, s'il vous plaît ne le mentionnez pas ou et n’en dites rien." Pour son prochain, elle ne tardait jamais à prêter main-forte, quelle que soit la difficulté de la tâche. Les gens se souviennent qu’elle arrêtait tout ce qu'elle faisait dans le but d'aider en toutes occasions. Mère Olga finissait souvent la semelle d’une botte de neige, ou bien elle charriait du bois et de l'eau pour faire un bain de vapeur à partager avec son amie aveugle. Elle connaissait les besoins des communautés éloignées et leur envoyait des bottes de fourrure traditionnelle et des parkas comme dons. Cette connaissance de leur besoin lui était donnée directement dans la prière.

Mère Olga était fidèle et constante. Elle avait eu un mariage arrangé et elle vivait dans une maison de trois pièces, sans eau courante, sans raccordement à l'égout et sans aucun four. Olinka portait de l'eau chaque jour pour sa famille, mais l'eau véritable était le torrent qui débordait de sa vie de prière profonde. Grâce à ses prières, son mari, le postier Michael est devenu Père Nicolas. Il fut le premier prêtre de son village esquimau de Kwethluk, où il y avait une incroyable abondance de séminaristes La population de Kwethluk en ces jours, était d'environ deux cents. De son vivant, plus de vingt hommes partirent pour le séminaire pour devenir lecteurs, diacres et prêtres. Il n'y a encore jamais eu une aucune autre génération en Alaska qui ait eu une telle onction pour servir Dieu. Pour mettre cela en perspective, un homme de toutes les 10 familles est venu servir le Seigneur. Pour égaler ce genre de dîme humaine, nous devrions donner au moins 35 séminaristes ici dans notre paroisse. Matouchka Olga était littéralement la fontaine de la sainteté de sa communauté.

Olga était un trésor caché, qui, par une vie de prière profonde et continue récolta dans son âme la douce rosée de la grâce. Elle était très humble et très modeste, très calme. Les visiteurs de sa maison, alors que son mari était le prêtre de Kwethluk, disaient qu'elle était presque invisible, si douce et si total était son sens de l'hospitalité et du service. L'évêque Grégoire m'a dit un jour que, bien qu'il la connaissait, et qu’elle lui avait servi son plat préféré, la tourte de saumon, elle était si calme et réservée qu'il ne fut pas conscient de sa béaitude. Ses amis les plus proches ne furent pas du tout surpris.

Mère Olga avait des manières douces et gentilles. Elle n'a jamais critiqué ses enfants et leur a donné une grande liberté et montré un grand respect. Comme Maria Montessori, la bienheureuse Olga essayait de comprendre ce que les enfants étaient capables de faire et de leur permettre de devenir responsables d'eux-mêmes. Elle croyait pas qu’il fallait les forcer à se conformer à son ensemble de règles chaque fois que cela était possible et jamais elle n’utilisa la honte pour les discipliner. Elle fut miséricordieuse et aimante non seulement pour ceux en dehors de sa famille, mais pour ses proches. C'est aussi une manière d’être très Youp'ik.

Après un an de sursis d'un cancer, la bienheureuse Olga s'endormit dans le Seigneur le 8 Novembre 1979 à l'âge de 63 ans. La première apparition connue de la Bienheureuse Olga eut lieu en 1995, à New York, à une femme qui souffrait, une parfaite inconnue, qui n'était pas orthodoxe. Cette patiente avait supplié la Mère de Dieu de l'aider. En réponse à sa requête, la Mère de Dieu apparut avec Sainte Olga, qui l'a ensuite guérie. Avec ce miracle, la vénération commença naturellement, et 2 ans plus tard, un prêtre en visite, le Père. Michael Oleksa nous a spontanément parlé de Matouchka Olga avec un enseignement sur sa vie. Peu de temps après une version non officielle de son Moleben et de son Vélitchayem ont été écrites en action de grâces. Plus tard, Sa Béatitude le métropolite Jonas visita Kwethluk la semaine du 31 juillet,et il rencontra avec tous ses enfants survivants. Alors là, il a célébré une Pannikhide sur sa tombe et a vénéré la première icône d’elle dans le cadre de son procès de canonisation en cours.

Par sa piété simple, sonhonnêteté, son humilité, et son don de "Youp'ikitude", Sainte Olga est un exemple contemporain de sainteté pour nous tous. La béatitude n'est pas atteinte seulement par ceux qui vivent dans des grottes, habitent au fond des bois, ou dans un monastère. Dans le petit village de Kwethluk, vivant fidèlement le Saint Mystère du mariage, de jour en jour participant à la la vie de manière orthodoxe, Dieu se manifesta dans l'âme de la mère tous les fruits de l'Esprit Saint: amour, joie, paix, longanimité, gentillesse, bonté, fidélité, douceur et la maîtrise de soi. En raison de cette grâce, Matouchka Olga est appelée "La Lumière du nord de l'Alaska" et les Cieux étaient d'accord. Un jour, après les vêpres, le 8 novembre, la nuit était enflammée avec l’éventail de couleurs de l'aurore boréale dans toute sa variété de rouges, verts et bleus. Comme nous sortions de l'église ce soir-là, nous avons tous été surpris par cet affichage dans le ciel, et cela remplit notre âme de révérence et de joie. Dieu nous a bénis d’avoir assisté fidèlement aux Grandes Vêpres et les Cieux ont déclaré en son jour de commémoration, "Quelle mère nous avons dans la bienheureuse Olga!"

Version française Claude Lopez
d'après


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