"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 30 septembre 2009

Prêtre John Garvey: Typologie des convertis: Méfiez-vous des gens qui fuient...



Quand j'ai rejoint l'Église orthodoxe, il y a douze ans, j'ai pris une décision que j'avais mûrie pendant vingt-et-un ans. C’était devenu nécessaire parce que j'ai réalisé que ma seule raison de rester catholique était ce que les autres pourraient penser si je devenais orthodoxe, à cet stade, ce n'était plus vraiment un choix. Je croyais à l'orthodoxie, « j’adorais » aussi souvent que je le pouvais dans les églises orthodoxes et rester catholique n'était pas moralement possible.

En même temps, je craignais de devenir un converti. Laissez-moi vous expliquer ce que je veux dire: j'avais connu des gens qui s’étaient convertis au catholicisme, dans une version du catholicisme qui faisait passer Torquemada pour quelqu’un de décontracté. Cela ne ressemblait pas du tout au catholicisme, sain et bon-vivant avec lequel j’avais grandi. Il y avait un enthousiasme chez beaucoup de convertis dont je me méfiais. J'éprouvais une certaine consolation dans le fait de penser qu'il avait fallu tant de temps pour aller vers l’orthodoxie et que cela peut-être me protégerait. J'avais pris conscience de beaucoup de problèmes institutionnels de l’Orthodoxie, et, malgré mon désaccord avec l'ecclésiologie catholique, j'étais conscient des nombreux points forts du catholicisme. Mais il n'y avait pas d'ambivalence dans la mentalité de certains convertis, aucun sens du gris. Tout était ainsi « ou bien…ou bien ». Ce n'était pas moi.

Six ans après je suis devenu orthodoxe je suis allé au séminaire, et je fus plus tard ordonné prêtre. Cela m'a donné beaucoup de temps pour connaître des convertis à l'orthodoxie et une modeste capacité de généraliser à leur sujet, avec au moins un peu d'autorité. Mon intuition est que ce que j'ai vu s'applique aux nouveaux convertis de toute religions (ou, d'ailleurs, de tout système de croyances profondément ancrées, qu’elles soient politiques ou philosophiques).

La moitié des séminaristes orthodoxes que j'ai rencontrés provenaient de milieux non-orthodoxes, et l’éventail en était surprenant. Plusieurs étaient issus de milieux évangéliques ou fondamentalistes, quelques-uns venaient de foyers catholiques, il y avait deux Juifs, et un luthérien, il y avait quelques anciens anglicans, et un de mes camarades de classe passa la majeure partie de l'année dans un monastère bouddhiste avant de devenir orthodoxe. Plus tard, je devais rencontrer un certain nombre de convertis dans les paroisses, et je vis dans chacun d'eux, séminariste et paroissien deux types de modèles.
Le premier est que dans la plupart des convertis il y a un profond sentiment de gratitude: après des années de recherche, ils ont trouvé un lieu qui semble juste, ils ont connu une sorte de retour au bercail. Ce sens d ' «un lieu qui semble juste» peut être trouvé chez presque tous les convertis, mais pour un nombre significatif il ne s'agit pas tant de reconnaissance, mais d’une forme de fuite, un refuge, une nécessité pour ce sentiment de certitude qui est sans doute névrotique. Une chose est de chanter, comme l'Église à la fin de la liturgie: «Nous avons vu la vraie lumière! Nous avons reçu l'Esprit céleste! Nous avons trouvé la vraie foi, adorons la Trinité indivisible, car c’est Elle Qui nous a sauvés. " Autre chose est d’ajouter: «Et la vraie foi signifie ce que je dis que cela signifie, et toute question à ce sujet, ou tout désaccord avec moi, sont hérétiques."

Il y a certainement des enseignements chrétiens non négociables. Un orthodoxe qui propose une théologie unitaire, ou nie la présence eucharistique du Christ, n'est pas un orthodoxe. Mais personne ne semble se disputer au sujet de ces choses. J'ai, toutefois, vu une fureur presque hystérique visant des évêques qui osent dire que le fait que l'orthodoxie n’ordonne que des hommes à la prêtrise ne devrait pas être considérée comme un sujet fermé à la discussion, ou à ces prêtres qui utilisent "vous (YOU)" plutôt que " tu (THOU) "quand ils s'adressent à Dieu dans la prière liturgique.

Le problème ici c'est que certaines personnes ne se convertissent pas à une croyance autant qu'ils se convertissent pour s’éloigner d’une autre croyance. Il y a une certaine sorte de catholiques qui, en devenant orthodoxes, ont rejoint l'Église qui n’est pas passée pas par ce qu'on appelle souvent «le chaos» qui a suivi Vatican II. Ils sont parfois déçus quand ils rencontrent des évêques qui ne sont pas aussi autoritaires qu’ils pensent que les évêques devraient être, et ils sont particulièrement bouleversés à l'idée que la liturgie orthodoxe pourrait subir une modification de quelque sorte que ce soit. Il y a une certaine sorte d’épiscopaliens, qui en rejoignant l'orthodoxie, rejoignent l'Eglise qui n'a pas ordonné de femmes, et l'idée que le sujet pourrait être discuté les rend furieux, comme si la seule pensée signifiait une trahison de l'Orthodoxie.

Étant donné l'état de beaucoup d'églises de nos jours, je peux comprendre ce qui inquiète certains de ces gens. Se référer à Dieu comme "Père-Mère" semble et devrait sembler bizarre à toute personne possédant des oreilles pour entendre, et j'ai été dans certaines liturgies catholiques qui étaient carrément effrayantes. (Je suis aussi beaucoup allé dans certaines liturgies orthodoxes qui étaient, d'un point de vue esthétique, assez terribles.) Un grand nombre de gens qui défendent l'ordination des femmes le font pour des raisons qui ont plus à voir avec la politique culturelle que les besoins les plus profonds de l'Église. Beaucoup de gens dans les églises majoritaires d'Amérique acceptent une approche essentiellement laïque pour toutes les questions morales et éthiques (et les orthodoxes ne sont pas à l'abri de cela).

Dans le même temps, si nous croyons que le Christ a vaincu la mort elle-même, qu'avons-nous à craindre? Presque toute question peut être abordée avec clarté, et tout peut être abordé avec la charité. Là où la tradition de l'Église est manifestement contre la dérive de la culture, elle doit être ferme, mais elle doit aussi donner une explication à la culture ambiante, et cela doit être fait avec compassion. Le besoin d'avoir raison, qui alimente tellement la question débattue n'a rien à voir avec un véritable amour pour la vérité, mais plutôt avec la protection de l'ego.

Mon approche dans ce contexte a été de dire à tout candidat à la conversion de prendre un certain temps, de fréquenter l'Église pendant une année ou deux, de voir ce que c'est que d'être orthodoxe, et enfin de s'assurer que c’est vers l’Orthodoxie qu'il va venir, et non pas qu'il va fuir quelque chose d'autre. Le Baron von Hugel a déclaré à une nièce anglicane qui voulait devenir catholique qu'elle devait apprendre les forces de l'anglicanisme, et ne pas devenir catholique jusqu'à ce que cela soit à l'évidence un péché pour elle de rester dans sa propre tradition, jusqu'à ce qu'il soit complètement nécessaire pour elle de se convertir. Cela semble assez juste. Les gens qui passent d'une tradition à l'autre pour des raisons négatives apportent toutes ces raisons négatives avec eux.

Il y a quelques semaines, je parlais avec un ami prêtre des moments où il faut un peu plier les règles liturgiques pour accueillir les gens pastoralement. «Je pense que nous n’aurons pas de problème au jour du jugement», dit-il, «pour autant que Dieu ne soit pas un converti orthodoxe. »


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

(Le Père John Garvey est pasteur de l'Église Saint Nicolas, Jamaica Estates, NY, USA)

Prier (289)



Vis le présent de Dieu
Le passé n'existe plus
Le futur est au Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Les Romanov

mardi 29 septembre 2009

Saint Jean Maximovitch: La construction d'églises


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Saint Jean à Changhaï

Certaines personnes disent: "Le temps n'est pas venu de construire la maison du Seigneur." Parmi eux, nombreux sont ceux qui achètent des maisons pour eux-mêmes, qui vivent dans leurs propres maisons en pleine satisfaction de leurs besoins matériels, ou qui vendent leurs maisons pour emménager dans des logements de bien meilleure qualité, qui augmentent leurs avoirs. Il est compréhensible que ces paroles soient entendus venant d’incroyants... Mais comment peuvent-elles être répétées par les croyants qui eux-mêmes vont à l'église?

Une église est un lieu qui est consacré, saint, dans lequel demeure toujours la grâce de Dieu. Lors de la consécration du Temple de
Salomon, la gloire du Seigneur sous l’apparence d'une nuée remplit la maison de Dieu. Il en était ainsi dans le Temple de l'Ancien Testament. Combien plus puissamment agit la grâce de Dieu dans les temples du Nouveau Testament où est offert la véritable purification du péché, où nous participons au véritable Corps et du Sang du Christ, où, durant la Divine Liturgie, l'Esprit Saint descend continuellement sur les dons qui sont consacrés et sur les personnes présentes? On peut prier n'importe où, et Dieu entend partout les prières. Mais il est beaucoup plus facile de prier dans une église où tout est propice à la prière. De là, nos prières montent vers Dieu, ans la miséricorde de Dieu descend sur nous.

La construction d'une église est un sacrifice à Dieu, attribuer une parcelle de terrain pour les services religieux c’est sacrifier à Dieu une partie de vos biens propres, mais avant tout, c’est un don de votre amour, de votre zèle. E
Les églises ne sont pas nécessaires pour Dieu dont le trône est le ciel et l’escabeau la terre, c'est nous qui en avons besoin. C'est nous qui bénéficions des dons pour la construction d'églises, bien que le Seigneur n’accepte pas tant les substances de nos aumônes autant
qu'Il ne le fait pour la qualité de notre effort. Le Christ a approuvé l'obole de la veuve, disant qu'elle avait donné plus que quiconque, car le riche donne beaucoup de son superflu, mais elle a donné tout ce qu'elle avait,elle, tous ses moyens de subsistance. Ces aumônes que nous donnons au Nom de Dieu sont reçues par Dieu lui-même. Spirituellement, nos aumônes sont entassées dans les trésors du ciel, des trésors de Dieu, où personne ne peut les dérober. Si quelqu'un vole quelque chose qui appartient à l’église, il vole de Dieu Lui-même.

A chaque Liturgie, ceux qui ont contribué à l'édification de l'église sont commémorés. En construisant des églises sur la terre, nous créons pour nous-mêmes des demeures éternelles dans le Ciel. Des décennies passeront, nos corps pourrirons, peut-être que nos os se transformeront en poussière, mais notre âme vivra éternellement. Heureux est celui qui a préparé pour son âme une habitation dans les demeures célestes. Même si les églises qui sont construites devaient tomber en ruines, les noms de ceux qui ont contribué à leur construction seront inscrits dans les livres éternel de Dieu, et les prières qui s’élèvent au sein de ces
Eglises seront scellées.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Saint Jean & les enfants

Prier (288)



Si tu avais totalement confiance en Dieu
Ta vie serait une longue prière
D'action de grâce

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 28 septembre 2009

Miracle de saint Nicolas


Николай Чудотворец

A côté du village où vivait ma grand-mère, coule la rivière Vélétma. De nos jours, la rivière est peu profonde et étroite, les endroits les plus profonds sont à hauteur de genoux pour les enfants, mais en ces temps-là, la Vélétma était profonde, et remplie d'eau. Les rives de la rivière étaient marécageuses. Et un jour, il arriva que le petit garçon de trois ans, Vanechka glisse sur une bûche dans cette tourbière devant sa mère et il s'enfonça vers le fond. Elizabeth se précipita vers lui, sauta dans la tourbière, et saisit son fils. Mais elle-même ne savait pas nager. Au moment où elle s'en souvint, il était trop tard. Tous deux ont commencé à couler.

Elle a fait appel à Saint Nicolas, le thaumaturge, demandant le salut de leurs âmes pécheresses. Alors un miracle s'est produit.

Un grand et fort courant, comme une vague, a soulevé la mère avec le bébé au-dessus de la tourbière et les a rejetés sur un arbre sec, qui était tombé dans l'endroit marécageux comme un pont.

Mon Oncle Vania [le petit garçon] est encore vivant, il a plus de septante ans.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Prier (287)



Ne parle pas
Lorsque Dieu
Par son Silence
Veut t'enseigner

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 27 septembre 2009

Saint Jean Maximovitch: La garde spirituelle



Tenez ferme votre garde spirituelle, parce que vous ne savez pas quand le Seigneur vous appellera vers Lui. Dans votre vie terrestre, soyez prêts à tout moment à lui rendre compte. Méfiez-vous que l'ennemi ne vous prenne dans ses filets, qu'il ne vous trompe en vous faisant tomber dans la tentation. Examinez chaque jour votre conscience, essayez de purifier vos pensées, vos intentions.

Il y avait un roi qui avait un mauvais fils. N'ayant plus d'espoir qu'il changerait pour le mieux, le père condamna son fils à mort. Il lui donna un mois pour se préparer. Et tandis que le mois passait, le père convoqua le fils. À sa grande surprise, il vit que le jeune homme avait sensiblement changé: son visage était maigre et fatigué, et son corps tout entier était comme s'il avait souffert.

"Comment se fait-il qu'une telle transformation soit venue sur toi, mon fils?" demanda le père. "Mon père et mon seigneur, répondit le fils, comment aurais-je pu ne pas changer, lorsque chaque jour qui passait me rapprochait de la mort?" "Bien, mon fils, dit le roi. «Depuis que tu as de toute évidence repris tes esprits, je te pardonne. Toutefois, il faut entretenir cette disposition de l'âme vigilante pour le reste de ta vie." "Père, répondit le fils," c'est impossible. Comment puis-je résister aux innombrables séductions et tentations?

Alors le roi ordonna qu'un vase rempli d'huile soit apporté, et il dit à son fils: "Prends ce vase et porte-le le long de toutes les rues de la ville. Te suivant, il y aura deux soldats avec des épées tranchantes. Si tu en verses une seule goutte, ils te couperont la tête". Le fils obéit.

A pas légers et prudents, il marcha le long des rues, les soldats l'accompagnant, et il n'en a pas répandu une seule goutte. Quand il revint au château, le père demanda: «Mon fils, qu'as-tu vu lorsque tu marchais à travers la ville?" Le fils a répondu: "Je n'ai rien vu." "Que veux-tu dire,« rien »?" dit le roi. "Aujourd'hui est un jour de fête, tu as dû voir les étals de toutes sortes de bibelots, de nombreux attelages, personnages, animaux ..." "Je n'ai pas remarqué tout cela, dit le fils. "Toute mon attention s'est focalisée sur l'huile dans le vase. J'avais peur d'en verser une goutte et de perdre ainsi ma vie."

"Très bien, mon fils, dit le roi. "Garde cette leçon à l'esprit pour le reste de ta vie. Sois aussi vigilant pour ton âme que tu le fus aujourd'hui avec l'huile dans le vase. Éloigne tes pensées de ce qui sera bientôt passé, et garde-les concentrées sur ce qui est éternel. Tu seras suivi non par des soldats armés, mais par la mort dont nous nous rapprochons tous les jours. Veille à bien garder ton âme de toutes les tentations ruineuses". Le fils obéit à son père, et il vécut heureux. Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, soyez forts. (I Corinthiens 16:13)

L'Apôtre donne aux chrétiens ce conseil important pour attirer leur attention sur le danger de ce monde, pour les amener à un examen fréquent de leurs cœurs, car sans celui-ci on peut facilement mener à la ruine la pureté et l'ardeur de sa foi et de manière imperceptible aller du côté du mal et de l'incrédulité.

De même qu'une préoccupation fondamentale est d'être attentif à tout ce qui pourrait être nocif pour notre santé physique, ainsi nos préoccupations spirituelles devraient se méfier de tout ce qui pourrait nuire à notre vie spirituelle et aux œuvres de la foi et du salut.

Par conséquent, évaluez soigneusement et attentivement vos pulsions intérieures: sont-elles de Dieu ou de l'esprit du mal? Méfiez-vous des tentations de ce monde et des gens du monde, méfiez-vous des tentations intérieures cachées qui viennent de l'esprit d'indifférence et de la négligence dans la prière, du déclin de l'amour chrétien.

Si nous tournons notre attention vers notre esprit, nous remarquons un torrent de pensées et des idées successives. Ce torrent est ininterrompu, il est court partout et en tout temps: à la maison, à l'église, au travail, quand nous lisons, quand nous conversons. Il est généralement appelé la pensée, écrit l'évêque Théophane le Reclus, mais en fait, c'est une perturbation de l'esprit, un éparpillement, un manque de concentration et d'attention. La même chose arrive avec le coeur.

Avez-vous déjà observé la vie du cœur? Essayez, même pour un court laps de temps et voyez ce que vous trouvez. Quelque chose de désagréable se produit, et vous êtes irrité, une affliction se produit, et vous vous plaignez, vous voyez quelqu'un que vous n'aimez pas, et l'animosité monte en vous, vous rencontrez l'un de vos pairs qui vous a maintenant distancé sur l'échelle sociale, et vous commencez à l'envier, vous pensez à vos talents et capacités, et vous commencez à devenir fier... Tout cela est pourriture: la vaine gloire, le désir charnel, la gourmandise, la paresse, la méchanceté, l'un sur l'autre, ils détruisent le cœur. Et tout cela peut passer par le cœur en quelques minutes. Pour cette raison, un ascète, qui était extrêmement attentif à lui-même, avait tout à fait raison de dire que le coeur de l'homme "est rempli de serpents venimeux. Seul les cœurs des saints sont exempts de ces serpents, des passions".

Mais une telle liberté ne s'obtient que par un processus long et difficile de connaissance de soi, de travail sur soi et de vigilance envers sa vie propre intérieure, c'est à dire envers l'âme.

Soyez prudent. Soyez attentifs à votre âme! Eloignez vos pensées loin de ce qui passera bientôt et tournez-les vers ce qui est éternel. Ici, vous trouverez le bonheur que recherche votre âme, et dont votre cœur a soif.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après

The holy Tomb of St. John (Maximovitch) at the Russian Orthodox Catheral of The Joy of All Who Sorrow,  located on Geary Boulevard,in San Francisco, California.

Châsse de saint Jean
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Offices/ Prières/ Acathistes

Saint Arnoult enseignant saint Adelphe de Remiremont enfant.

Sur



BRENDAN LE NAVIGATEUR


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Sainte Osmanne fêtée le 9/22 septembre
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Prier (286)



La paix est toujours proche
Au bout de ton chapelet
Et dans le silence orant

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

samedi 26 septembre 2009

Père Thomas HOPKO: Notre Frère est notre Vie



Le but de toute prière et de tout jeûne, de toute liturgie et de tous sacrements, de tous les exercices spirituels et de toutes les pratiques ascétiques, c'est d'arriver à connaître et à aimer Dieu en toutes les personnes et en toutes choses, en particulier nos ennemis et les "moindres de nos frères." Tel est l'objet du Carême de printemps et de la vie elle-même.

C'est le plus haut et plus grand mystère, la vérité la plus profonde: Dieu est vu, connu et aimé en tout et tous. Car le Fils unique de Dieu est venu sur terre sous forme de créature afin de réunir toutes choses en lui, les êtres célestes comme les terrestres (Éphésiens 1:10). Il est venu pour s'identifier à chacun et à chaque chose, en particulier aux pécheurs, aux êtres fantasque et à ceux qui sont perdus. Étant notre Dieu et notre Créateur, Il est devenu notre frère et notre esclave. Et donc, en Lui, nous rencontrons tout et tous. Et dans tout le monde et en tout, nous Le rencontrons.
Le staretz Silouane, moine du Mont Athos qui est décédé en 1938 et a été glorifié comme saint de l'Église en 1988, est parvenu à connaître ce profond mystère et cette vérité la plus profonde à travers sa propre expérience spirituelle. Il lui a rendu témoignage dans ses écrits, qui sont parfaits comme lecture en saison de Carême.

Ces quarante ans, depuis que le Seigneur par l'Esprit Saint m'a donné de connaître l'amour de Dieu, je me suis lamenté pour le peuple de Dieu.

O frères, il n'y a rien de mieux que l'amour de Dieu quand le Seigneur enflamme l'âme avec l'amour pour Dieu, pour notre prochain.

L'homme qui connaît le délice de l'amour de Dieu - quand l'âme, réchauffée par la grâce, aime à la fois Dieu et son frère -, sait notamment que "le royaume de Dieu est en nous."

Heureuse l'âme qui aime son frère, notre frère est notre vie. Si nous voulons aimer Dieu, nous devons observer tout ce que le Seigneur a prescrit dans les Evangiles.

Nos coeurs doivent déborder de compassion et ne pas sentir de la pitié uniquement pour nos congénères, mais pour toutes les créatures pour toute chose créée par Dieu.

L'homme qui a l'Esprit Saint en lui, à un degré si faible soit-il, s'afflige jour et nuit pour toute l'humanité. Son cœur est rempli de compassion pour toutes les créatures de Dieu, et plus spécialement pour ceux qui ne connaissent pas Dieu ou qui Lui résistent... Pour eux, plus que pour lui-même, il prie jour et nuit, que toutes puissent se repentir et connaître le Seigneur.

Je vous en conjure, mettez ceci à l'épreuve. Quand un homme vous fait affront ou apporte le déshonneur sur votre tête, ou prend ce qui est vôtre, ou persécute l'Eglise, prions le Seigneur en disant: «O Seigneur, nous sommes tous tes créatures. Aie pitié de Tes serviteurs et tourne leur cœur vers le repentir", et vous serez conscients de le grâce dans votre âme. Pour commencer, contraignez votre cœur à aimer ses ennemis, et le Seigneur, en voyant votre bonne volonté, vous aidera en toutes choses, et l'expérience elle-même vous montrera le chemin. Mais la personne qui pense avec malveillance à ses ennemis, n'a pas l'amour de Dieu en lui et ne connaît pas Dieu.

Saint Antoine le Grand, résume tout cet enseignement en quelques phrases courtes. "Notre vie et notre mort sont avec notre prochain ", écrit-il. "Si nous gagnons notre frère, nous avons acquis Dieu. Mais si nous scandalisons notre frère, nous avons péché contre le Christ". Et, comme nous l'avons vu, Saint Silouane dit tout cela en cinq mots brefs: "Notre frère est notre vie."
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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Prier (285)



Quoi que tu veuilles dire
Si cela ne pourrait être béni
Tais toi
Et prie

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Athos


ATHOS
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vendredi 25 septembre 2009

Père Vasile Catalin Tudora: "Les amants du corps"


À l'aube du christianisme, quand les religions païennes dominaient encore le monde, les quelques chrétiens qui vivaient dans l'Empire romain étaient appelés parfois avec le terme péjoratif "d'amants du corps". La raison n'était pas une prédisposition à se livrer au péché, dont ils étaient éloignés, mais le simple fait de prendre bien soin du corps des êtres chers qui avaient disparu. Le culte des personnes décédées était bien développé, même dès les premiers siècles et les cimetières avaient une grande importance, pensons aux catacombes! Le souci des défunts, ne s'exprimait pas cependant seulement dans les rites funéraires, mais quelque chose d'encore plus profond apparaissait. Pour le monde païen, qui considérait déjà avec méfiance et faussement cette petite "secte juive", le plus scandaleux était que les corps des chrétiens étaient confiés à la terre, au lieu d'utiliser les moyens les plus communs d'élimination des corps de l'époque: la crémation , la combustion des corps.

On peut se demander pourquoi je "déterre" cette vieille histoire, après 2000 ans? Ce thème est de la plus grande importance aujourd'hui, parce que la crémation est de plus en plus acceptée même dans les confessions chrétiennes. Par souci d'un profit rapide, les sociétés funéraires décrivent ouvertement dans leur publicité l'incinération comme un procédé rapide et abordable. Les panneaux publicitaires d'autoroute qui parlent d'une "crémation totale pour 995 dollars!" font partie de ce que l'on voit lors des déplacements quotidiens. On ne peut que se demander ce que serait une crémation partielle !

Si je dois être d'accord avec une chose que les gens disent, c'est que les funérailles aujourd'hui ne sont pas à bas prix, mais l'argent ne devrait pas être la raison pour laquelle les gens devraient choisir la crémation au lieu des enterrements traditionnels. D'autant plus que l'Église ne recommande que des soins appropriés et des funérailles modestes, rien d'extravagant ou qui sorte de l'ordinaire. Gardant la voie médiane, comme toujours, l'Église orthodoxe recommande l'enterrement non pas seulement comme un caprice, mais comme une véritable expression de notre foi dans le Christ et de Sa résurrection, avec de profondes racines théologiques.



Pour en revenir au début, nous nous rappelons que l'Homme a été façonné à l'image de Dieu par un acte spécial de création. "Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint une âme vivante." (Genèse, 2:7). Toutes les autres créatures ont été amenées à l'existence d'un simple "Qu'il en soit ainsi!", mais Dieu a pris le temps de façonner l'homme de Ses propres mains dans ce que le saint apôtre Paul appelle "le temple de l'Esprit Saint" (1Corinthiens, 6:19). L'homme fut créé à la fois comme un être unique, corps et âme, une unité duelle: matérielle et spirituelle. saint Grégoire de Nazianze commente ceci en disant : "Dieu a mélangé de la terre à de l'esprit et a créé un être qui est visible et invisible, éphémère et éternel, terrestre et céleste en même temps ".

Pour mieux souligner l'importance du corps du Christ Lui-même, le Fils de Dieu, a choisi de se montrer à nous comme un homme, non comme un esprit, être né dans le monde, d'une femme, comme chacun de nous. Le Christ est aussi ressuscité des morts non pas comme un esprit, mais encore une fois avec le même corps qui a été crucifié et mis dans un tombeau. Son corps ressuscité était réel, même "spiritualisé", affichant toutes les marques des plaies pour saint Thomas et les apôtres afin d'annihiler tout doute possible.

De l'exemple du Christ, il nous faut réaliser que nos corps sont importants, même après que nos âmes les aient quittés. Remettre les corps à la terre, c'est laisser Dieu décider ce qui va leur arriver. Certains seront corrompus et se décomposeront en retournant à la terre d'où ils viennent, d'autres, choisis par Dieu, les saints, iront dans l'incorruptibilité. Les reliques miraculeuses des saints sont la preuve du lien entre nos corps et nos âmes. Dans la grâce de Dieu, les corps des saints demeurent dans un lien mystique avec leurs âmes et sont en mesure de continuer à faire des miracles, même après qu'ils aient quitté cette vie.

Si nous croyons en la seconde venue du Christ, les corps sont d'une grande importance. Les corps déposés en terre, font face à l'Est en attendant de répondre promptement à l'appel du Christ, Soleil de justice, à Sa seconde venue en gloire. Ils attendent d'être réunis avec leurs âmes afin, hommes à nouveau complets, corps et âme, d'entrer dans le Royaume des cieux.

La société d'aujourd'hui cependant, a un point de vue différent. Corrompue par l'athéisme et les croyances païennes, une partie importante de la population a cessé de croire en un Dieu personnel. Un récent sondage national publié au Dallas Morning News (le 24 Juin 2008) révèle que 30 pour cent de la population interrogée, y compris de nombreux chrétiens, croient en un Dieu impersonnel, une énergie, une force, en tout sauf en une personne. Beaucoup de gens aujourd'hui ne croient pas en l'au-delà, donc pour eux la mort est la fin de tout, un point de non retour. Les corps ne sont donc qu'une réminiscence inutile de ce qui jadis fut l'homme, rien de plus. La crémation est donc aussi un moyen pratique de disposer de la matière organique morte et inutile.

Pour nous, chrétiens orthodoxes, cependant, la mort n'est pas la fin mais un nouveau commencement. Dans tous les offices de funérailles orthodoxes, nous n'utilisons jamais le terme de "mort", mais nous disons plutôt "qui est allé vers le Seigneur". Les saints sont commémorés non à la date de leur naissance, mais à la date de leur mort, le moment où leurs efforts terrestres ont été acceptés dans le Royaume des cieux. Si nous mourons avec le Christ, nous croyons que nous serons ressuscités avec Lui, alors la mort ne nous effraie pas.

Nos corps se décomposent par le processus naturel de décomposition, mais c'est seulement pour détruire la nature corrompue de notre corps, donc ils peuvent encore s'élever dans l'incorruptibilité. "Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Le corps est semé dans la corruption, il ressuscite incorruptible; il est semé méprisable, il ressuscite dans la gloire, il est semé infirme, il ressuscite plein de force, il est semé corps naturel, il ressuscite corps spirituel. " (1Co 15:42-44).

La crémation n'est rien d'autre qu'une profanation délibérée de la création de Dieu, une chute de la grâce, un rejet du Dieu personnel qui Lui-même a revêtu le même corps humain que nous sommes si prompts à détruire. C'est pourquoi l'Église refuse un enterrement correct et des offices commémoratifs pour les gens qui ont choisi d'être incinérés. Ce n'est pas une punition, mais la reconnaissance attristée qu'une personne a coupé ses liens avec le Corps du Christ.

Remettre les corps à la terre en fonction de notre tradition, c'est en soi une déclaration de foi. C'est une croyance en un Dieu incarné, c'est une croyance en la Résurrection et dans le Royaume à venir. Amen!

(Père Vasile Catalin Tudora est prêtre de l'Eglise Grecque Orthodoxe d'Euless au Texas)

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
illustration/photo:
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Prier (284)



Le chant le plus pur
Naît dans ton cœur
C'est ce soupir de l'âme
Qui a la nostalgie du Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Mgr Kallistos(Ware) au Mont Thabor

jeudi 24 septembre 2009

Saint Nicolas et les trois enfants de Moscou



Ma grand-mère m'a raconté comment saint Nicolas avait sauvé notre famille en 1943, pendant la guerre, à Moscou.

Resté seul avec trois enfants, le ventre gonflé par la faim, ne pouvant pas obtenir de la nourriture, même avec des cartes de rationnement, elle a vu dans la cuisine l'icône de Saint Nicolas, noircie par le temps. En désespoir de cause, elle lui a adressé la parole: "Comment peux-tu voir cela [sans rien faire]?"

Après cela, elle est sortie en courant dans l'escalier, ayant décidé de ne plus rentrer à la maison. Elle n'avait même pas atteint la porte d'entrée principale, quand elle a vu deux billets de banque de dix roubles sur le sol. Ils étaient déposés en croix. Cet argent a sauvé la vie de ses trois enfants, dont l'un était ma mère.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Prier (283)



C'est le chemin du cœur
Ce sont les larmes de componction
Qui te montreront la Voie du Christ

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Prier (282)



Quand le monde entier
Sera devenu un oratoire
Où la prière coulera comme source
Le Royaume des Cieux sera proche

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Le couvent de Lintula en Finlande

mercredi 23 septembre 2009

L'histoire de Père Georges



J'étais à l'époque l'higoumène du monastère de Mtsensk. Je devais souvent aller à Kalouga pour affaires. Lors d'une telle visite, je me promenais dans la rue et j'ai vu une femme qui portait un foulard épais qu'elle avait revêtu sans recherche, près d'une belle grande maison. Son visage pâle était si triste que je l'ai tout de suite regardé attentivement, et elle m'a dit:

- Mon père, mon mari se meurt, je ne peux pas le laisser trop longtemps, mais il a besoin d'être confessé. Ne refusez pas, je vous en prie, venez à l'intérieur.

Heureusement, j'avais les Saints Dons avec moi. Elle me conduisit à l'intérieur, je regardai son mari: il était très malade, il n'allait pas vivre longtemps. Je l'ai confessé et lui a donné la Communion. Son esprit était tout à fait clair, il m'a remercié avec des larmes, et puis il a dit:

- Je suis dans le pétrin. Je suis commerçant, mais quelque chose est arrivé qui a fait que j'ai dû emprunter sur ma maison, mais je n'ai pas d'argent pour rembourser le prêt, et dans deux jours, elle sera vendue aux enchères. Maintenant, je vais mourir, et la famille n'aura rien.

J'ai ressenti de la pitié pour lui.

- Ne vous inquiétez pas, lui ai-je dit, peut-être, Dieu accordera que je sois en mesure de vous aider de quelque façon.

Je l'ai quitté rapidement et je me suis rendu au bureau télégraphique: J'ai demandé à un de mes fils spirituels, marchand lui aussi, de venir à mon hôtel.

Le soir, il était déjà dans ma chambre, il comprit la situation, et lorsque la vente aux enchères a eu lieu, il a été en mesure de pousser le prix de la maison jusqu'à 35.000 roubles. La ville a acheté la maison, 7.000 ont servi à payer le prêt, et 18.000 furent mis sur le compte bancaire du marchand mourant.

Je retardai mon départ pour le monastère et, après toutes les procédures financières, je me suis rendu auprès de l'homme malade pour lui parler de son succès. Il était encore en vie ... Il me remercia d'avoir sauvé sa famille de la pauvreté, et il mourut vers le soir... Je ne restai pas pour l'enterrer, mais je me précipitai au monastère et je l'oubliai, m'affairant à d'autres occupations.

Plusieurs années passèrent. La révolution gronda. Le pouvoir soviétique élimina beaucoup de gens à cause de leur foi. Ils m'ont pris, aussi.

Une nuit, le gardien de prison vint vers moi et chuchota:

- Prépare-toi, Père, j'ai reçu une liste pour vous tous aujourd'hui, cette nuit, ils vous amèneront loin.

J'ai communiqué les paroles du gardien à mes codétenus. Est-il nécessaire de dire ce qui se passait dans chacune de nos âmes? Bien que nous ayons su que nous étions condamnés à mort, jusque-là, nous attendions sur le pas de porte; maintenant nous étions sur le point de la franchir [pour aller à la mort].

N'étant pas en mesure de supporter de rester dans la cellule, j'ai mis mon épitrakhélion et je suis sorti pour aller prier dans le couloir sans fenêtre. J'ai prié et pleuré comme jamais auparavant dans ma vie, j'ai tellement pleuré, que mes larmes ont trempé la broderie de soie sur l'épitrakhélion.

Tout à coup, j'ai vu un homme inconnu près de moi, il m'a regardé avec sympathie, et il a dit:

- Ne pleure pas, Père, ils ne vont pas vous fusiller.

- Et qui êtes-vous? J'étais surpris.

Toi, Père, tu m'as oublié, mais les bonnes actions ne sont pas oubliés ici, dit l'homme. Je suis ce marchand, que tu as préparé à la mort à Kalouga.

Et au même moment où ce commerçant a disparu, j'ai vu qu'un trou apparaissait dans le mur de pierre du couloir, et à travers lui, j'ai vu la lisière de la forêt, et au-dessus, dans l'air, ma défunte mère.

Elle secoua la tête et dit:

- Non, Egorouchka, ils ne vous tireront pas dessus, mais nous nous reverrons dans dix ans.

La vision terminée, encore une fois je me suis trouvé près du mur blanc, mais c'était Pâques dans mon âme. Je me suis précipité dans la cellule et j'ai dit:

- Mes chers enfants, Dieu merci, nous ne serons pas fusillés, faites confiance à la parole d'un prêtre (j'ai compris, que le commerçant et ma mère parlaient de nous tous).

Le chagrin profond dans notre cellule, fut changé en la joie irrépressible. Ils m'ont cru: quelqu'un me baisa les mains, quelqu'un d'autre mes épaules... Nous savions que nous allions vivre.

La nuit se passa, et à l'aube, nous avons été transférés à la prison d'expédition.

De là, j'ai été envoyé à B., et bientôt ils m'ont libéré, grâce à une amnistie, et j'ai vécu dans le monastère Danilov ces dernières années. Six de mes codétenus sont devenus mes enfants spirituels.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Chant Géorgien

mardi 22 septembre 2009

Le saint Archevêque Jean de Changhaï, Bruxelles et San Francisco


Archbishop John (Maximovitch)


Saint Jean de Changaï ( fêté le 2 juillet)

L’archevêque Jean naquit dans le sud de la Russie, dans le village d’Adambora, province de Karkhov. Saint Jean de Tobolsk était parmi ses ancêtres de la famille Maximovitch. Il reçut une excellente éducation.

à 15 ans

Dès son enfance, le jeune Michel (il avait pour protecteur l’Archange) mangeait peu et avait une petite santé, mais il était fasciné par les exploits ascétiques de l’archevêque Mélèce Léontovitch dont les reliques se trouvaient au monastère de la Protection de la Mère de Dieu à Kharkov. Le saint homme passait, avant sa mort survenue en 1814, des nuits entières en prière, immobile, les bras levés vers le ciel. Il connaissait le jour de son trépas et était renommé pour dormir peu. Le premier biographe de saint Jean mentionne que le saint archevêque ressemblait à son modèle en toutes choses : il n’avait pas dormi dans un lit depuis quarante ans, il savait l’heure de sa mort et il reposait dans la crypte d’une cathédrale où on célébrait des pannikhides1 et où l’on récitait quotidiennement le psautier pour demander son intercession.

Saint Mélèce de Kharkov

Excellent étudiant en Droit, il passait plus de temps à lire la vie des saints qu’à ses études. Il rencontra le métropolite Antoine Khrapovitsky, l’éminent théologien et candidat au Patriarcat, qui décela immédiatement ses dispositions spirituelles éminentes.
En 1921, pendant la guerre civile, sa famille partit pour Belgrade et le saint ascète obtint un diplôme en Théologie. Il avait payé une partie de ses études en vendant des journaux.
En 1924, il fut ordonné lecteur et, en 1926, on le tonsura moine et l’ordonna diacre, lui donnant le nom de son lointain ancêtre, Jean de Tobolsk.
Le 21 novembre de la même année, il devint hiéromoine. De 1925 à 1927, il enseigna la religion dans un collège serbe ; de 1929 à 1934, il passa au séminaire serbe de Bitol. Il officiait alors en grec pour les Grecs du lieu qui l’estimaient beaucoup. Le Chrysostome serbe, le saint évêque Nicolas Véliminovitch, comme le métropolite Antoine, appréciait beaucoup ses qualités spirituelles. Souventes fois, on l’entendit déclarer : «Si vous voulez voir un saint vivant, allez à Bitol voir le père Jean» ! Plus tard, en France, des prêtres catholiques dirent à leurs ouailles qu’il y avait encore des saints, dans les rues même de Paris, faisant allusion à «Saint Jean Pieds-nus» qui avait alors sa cathédrale dans un garage de Versailles !
Ce fut au séminaire où il enseignait que l’on découvrit qu’il dormait peu, assis ou prostré devant ses icônes. De même qu’il mangeait également peu, une fois par jour avant minuit et se nourrissait en carême de prosphores, s’abstenant de nourriture la première et dernière semaine du quadragésime. Il célébrait chaque jour la Divine Liturgie.
En 1934, on décida de le faire évêque. Ayant reçu une convocation du Synode, il s’y rendait quand il rencontra quelqu'un à qui il raconta qu’il avait été envoyé par erreur à Belgrade, à la place d’un autre hiéromoine Jean. La même personne ayant vérifié, lui annonça que la situation était encore pire : c’était lui qui devait être ordonné évêque !
Il fut alors envoyé en Chine, rétablit l’unité de l’Église orthodoxe et fut très actif dans l’organisation de la vie de ses paroissiens, allant partout dans les prisons, les hôpitaux, les asiles d’aliénés, rassemblant les orphelins des rues pour leur donner un abri et se dépensant inlassablement pour tous, Russes, Serbes, Ukrainiens, Juifs, Chinois. Il célébrait chaque jour, à la cathédrale de Changaï, et puisait dans les Saints Dons une force incommensurable que l’on en s’attendait pas à trouver dans ce petit corps épuisé.

Cathédrale de Changhaï

Vladika Jean à Changhaï

Un jour, une de ses paroissiennes fut mordue par un chien enragé. Elle refusa les soins appropriés et eut la rage elle-même. Alors qu’elle était à l’article de la mort, il vint la voir pour la communier. Ayant reçu les Saints Dons, elle les rejeta. Saint Jean les consomma aussitôt, au grand désarroi de ceux qui étaient avec lui et qui savaient que la rage était une maladie terriblement contagieuse. Mais lui, placide et ferme, répondit simplement : «Rien ne m’arrivera, ce sont les Saints Dons» ! Et il avait raison, le Corps très saint et le Sang très précieux du Christ le vivifièrent chaque jour de sa vie.

1934

Quelqu'un lui avait écrit de Hong Kong et n’avait pas reçu de réponse. Après une année, Vladika Jean était dans la ville et, au milieu de la foule, il appela l’homme qui lui avait écrit et qu’il n’avait jamais vu de sa vie !
En 1946, il fut nommé archevêque et, en 1949, après l’arrivée des communistes en Chine, il se réfugia avec cinq cents personnes aux Philippines, sur une île souvent ravagée par les typhons. Pendant toute la durée du séjour des réfugiés, l’archevêque Jean bénissait les quatre coins du camp et il ne fut menacé qu’une fois par un typhon qui se dérouta. Après leur départ, il fut totalement détruit par les éléments. Il avait emmené ses paroissiens aux USA, obtenant pour chacun d’entre eux un visa d’entrée.
En 1951, il devint archevêque d’Europe occidentale, d’abord à Paris puis à Bruxelles. Il s’intéressa tout de suite aux saints locaux et les fit incorporer dans le calendrier de l’Église Russe Hors-Frontières. Il encouragea les services en français et y participa. Il savait célébrer la Divine Liturgie dans une foule de langues dont le grec, le chinois, le français et le hollandais.
Mais Vladika Jean était un fol-en-Christ ! Refusant les apparences mensongères de la gloire humaine et mondaine, il se comportait quelquefois d’une manière qui choquait les esprits épris de bon ton et d’attitudes guindées. Il était pieds nus dans ses sandales mais, quelquefois, ayant donné ses chaussures à un mendiant, il arrivait pieds nus et célébrait ainsi. Il n’avait pas beaucoup de respect pour ce que certains hommes d’Eglise considèrent comme les convenances, obligatoires dans le monde. Ce que Dieu demandait, il le faisait, ne se posant pas la question de savoir si le monde allait être embarrassé.

1952:Tunis
Une lumière apparait autour de sa tête

On aurait aimé qu’il ait plus l’air d’un hiérarque avec des vêtements impeccables et une diction meilleure, mais il était ainsi, mal coiffé, hirsute, ayant l’air d’un fou, habillé comme il le faisait déjà en Chine, des étoffes les plus grossières, nu-pieds trop souvent et aspergeant d’eau bénite en plein visage, les bonnes dames de l’excellente société russe. Avec les enfants, c’était autre chose. Les enfants l’adoraient car sa sainteté leur était évidente et ils comprenaient très vite à quel point il était vrai !

Genève 1956

Un jour, il se trouvait à Marseille. La ville, pour lui, était d’abord celle où le roi de Yougoslavie avait été cruellement assassiné. Il voulut «naturellement» célébrer une pannikhide à la mémoire du Roi. Dans l’église, tout le monde eut été heureux de l’assister et de pontifier plus que lui-même ne le fit jamais, mais en pleine rue !… Car il voulut célébrer l’office à l’endroit même où avait eu lieu l’assassinat et son clergé eut honte et le laissa seul, au milieu de la rue, avec une petite valise et un balai. Il s’installa, balaya un coin de route pour y poser l’aigle épiscopal sur lequel il allait se tenir et alluma l’encensoir. Il officia seul jusques au bout. L’icône de la cathédrale Saint Jean Baptiste de Washington D.C., fondée avec sa bénédiction, a maintenant une grande icône avec des scènes de sa vie. Sur une des «fenêtres», on voit l’archevêque, au milieu des rues de Marseille, entouré de voitures, célébrant la mémoire du roi Alexandre de Yougoslavie !
Il accomplit aussi innombrables miracles en Europe, avant de retourner aux Etats-Unis, en 1962. La communauté de San Francisco était divisée, il réussit à apaiser les dissensions et, malgré les difficultés, à faire construire la cathédrale orthodoxe où il reposera après sa mort. Il connaissait l’heure de sa mort, ayant annoncé qu’il mourrait à Seattle. Il mourut devant l’icône miraculeuse de Koursk, celle-là même qui avait guéri le jeune Séraphim de Sarov.
Après sa mort, jusques à sa glorification et depuis lors, les miracles n’ont pas cessé. Les reliques saintes et incorrompues sont maintenant dans la cathédrale et non plus dans la crypte. Pendant des années, des messages sont venus du monde entier et ont été mis sous sa mitre, dans le sépulcre où il reposait. Et il a prié pour que Dieu exauce les demandes de ceux qui lui demandaient d’intercéder. Il est apparu souvent et en des lieux différents, à des gens qui, quelquefois, ne le connaissaient pas et les a réconfortés. Il a continué son apostolat depuis les autels célestes et n’a pas abandonné ceux qui faisaient appel à lui. Il a parlé, consolé, enseigné, comme s’il était encore parmi nous et il est encore parmi nous. Beaucoup de convertis à l’orthodoxie ont compris la sainteté parce qu’il la leur a enseignée par sa vie et ses actes. Nous pouvons encore rencontrer des gens qui l’ont connu. Quand nous les rencontrons effectivement et qu’ils nous parlent de lui, nous comprenons quel être extraordinaire a habité parmi nous, a foulé notre terre, a vénéré les vieux saints occidentaux qui étaient oubliés et rejetés et nous a appris à les aimer.

Le fauteuil de son natalice

Pendant des années, inlassablement, la Saint Herman of Alaska Brotherhood (de Platina, en Californie) a maintenu la flamme du souvenir, publiant des témoignages innombrables sur la vie et les miracles de saint Jean. Il les avait bénis pour commencer la vie monastique dans les déserts de Californie et ils ont transmis au monde entier l’enseignement du bienheureux hiérarque.

Funérailles à San Francisco

Reliques de saint Jean

Leur livre, «Blessed John» (Le Bienheureux Jean) a répertorié des centaines de manifestations de sainteté du bienheureux Vladika Jean. Dans ce livre qui eut plusieurs éditions et dans la revue Orthodox Word, ils ont répandu dans le monde la vénération de l’archevêque fol-en-Christ. Voici quelques témoignages publiés par la revue mentionnée...

Icône de la Cathédrale
St. JohnThe Baptist de Washington D.C.
USA

• J’inclus ici une note que j’ai écrite en 1972. Aujourd’hui, un de mes amis catholique romain m’a raconté un rêve qu’il a eu la nuit dernière. Hier, je lui ai dit que quand il irait à San Francisco, la semaine prochaine, il devrait s’arrêter à la cathédrale russe Hors-Frontières et me rapporter de l’huile de la lampe qui brûle au dessus du tombeau de Jean Maximovitch. Il me raconta son rêve de la nuit dernière : quand il alla à la cathédrale, il commença à prendre de l’huile de la lampe, en grande quantité, et puis il entendit une voix qui disait : «Dis à M. (donc à moi), de venir ici lui-même et de prendre l’huile». Cet ami me dit aussi qu’il commença à faire le signe de la croix à la manière orthodoxe. Mais il lui fut dit qu’il ne tenait pas correctement ses doigts. Il se corrigea et puis il se réveilla au lit, faisant le signe de la croix correctement, à la manière orthodoxe. Son compagnon de chambre, un boudhiste, lui demanda ce qu’il faisait. Il le regarda et lui dit : «Je prie».
Je pense que je devais vous écrire cela. Qui sait ? Peut-être que Jean Maximovitch est un saint. Plus tard, j’ai voyagé jusqu’à San Francisco, je suis allé directement à la tombe, après la Divine Liturgie. J’ai prié près des reliques de Vladika Jean, lui demandant pardon pour le scepticisme que j’avais à propos de sa sainteté. Cela veut dire beaucoup pour moi que Vladika Jean m’ait amené à l’église synodale, à San Francisco, en particulier pour être près de ses saintes reliques. (27 avril 1976)


• Un samedi, je rendis visite à une de mes amies américaines, maintenant décédée, qui vivait dans une maison de retraite et ne pouvait se déplacer qu’en chaise roulante. Elle était entièrement seule et mes visites lui faisaient toujours grand plaisir. Il faisait très chaud ce jour-là, et je devais voyager pendant à peu près une heure avant d’arriver vers elle. Ayant passé quelque temps avec elle, je commençai à me préparer à rentrer à la maison dans une chaleur assez étouffante. Mais je réussis à demander à une femme qui venait voir sa mère de me prendre avec elle dans sa voiture, bien que cela n’ait pas été sur son chemin. Elle me conduisit à mon appartement et, afin de ne pas la retenir trop longtemps, je sortis très vite de l’automobile et, dans ma hâte, je fermai la porte sur trois doigts de ma main droite. La douleur fut très intense, et la femme fut effrayée. Mais, immédiatement, je courus à l’intérieur, dans la maison ; il y avait du sang, une douleur terrible et, immédiatement les jointures de mes trois doigts se mirent à enfler immensément et à devenir bleues. Je pensais que les doigts étaient brisés, puisque je ne pouvais pas les plier. Je dois vous dire que je travaille comme pianiste dans une école de danse et que je joue plusieurs heures par jour, tous les jours. Je pensais que je serais incapable de travailler pendant longtemps et que je pouvais même perdre mon travail, et j’étais terrifiée. Aussi, en larmes, je me tournai pour demander de l’aide vers Vladika Jean, avec ces paroles : «Tu vois, Vladika, ce qui est arrivé à ma main. Pendant ta vie, tu as aimé visiter les malades. J’aime aussi visiter les malades et, maintenant, je peux perdre mon travail». En larmes, je tombai dans le sommeil après avoir placé ma main malade sur son portrait. Je me réveillai le matin et je ne pouvais pas reconnaître ma propre main. ce qui était enflé avait disparu, la couleur était normale et il y avait seulement une petite douleur à peine sensible quand je pliais les doigts. Pendant tout le dimanche, j’ai remercié Vladika, et je demandai qu’il me guérisse complètement. Le lundi, il ne restait plus de trace et je jouai, sans gêne aucune, pendant plusieurs heures. Depuis ce temps-là, je remercie Vladika chaque jour et je prie pour le repos de son âme. J’aimerais vivre pour voir sa canonisation. (27 mai 1977)


• «Le Christ est ressuscité ! En vérité, Il est ressuscité» ! Cher Père, avec les prières de reconnaissance au Christ ressuscité, Celui qui accomplit des miracles à travers ses saints, je vous écris cette relation. Pendant plusieurs années, j’ai eu une grosseur dans la peau, du côté de la nuque. Cela a commencé comme une tête d’épingle, et cela a grandi en taille et en longueur, jusqu’à ce que cela atteigne une proportion considérable. Il y a un an et demi, j’ai été forcé d’enlever ma croix et ma chaîne, parce que la chaîne coupait la grosseur, la faisait saigner et me faisait très mal. J’ai mis ma croix et ma chaîne dans le tiroir d’une commode. Cela m’ennuyait de ne pas porter la croix du Christ autour de mon cou et, quelquefois, je pensais qu’il me faudrait faire enlever cette grosseur par un chirurgien. Mais j’avais d’autres problèmes et d’autres soucis et ceci ne semblait qu’une partie de ces soucis. Je ne me fis pas opérer. Au lieu de cela, par la prière et le jeûne, j’essayai d’améliorer mon être intérieur plutôt que mon apparence extérieure. Alors que je commandais des icônes d’un magasin de Californie, je vis quelque chose à propos d’une huile gratuite du sépulcre de l’archevêque Jean Maximovitch. Alors, par curiosité, j’ai demandé un peu de cette huile. A ce moment-là, je n’avais pas la moindre idée sur cet homme et ce qu’il avait fait. Je ne savais rien de lui. Ma commande fut un peu retardée, c’était la volonté de Dieu. Cependant, pendant ce temps, je commençais à apprendre des choses sur l’archevêque Jean, sa pieuse vie, ses œuvres, ses actions, ses guérisons, et j’entendis parler de cette huile et de la manière de l’utiliser. Un sentiment réel de respect commença à croître en mon cœur pour cet homme. A ce moment-là, de tout mon amour, je demandai les prières de l’archevêque, et je priai aussi pour son repos. Dans ma prière, je dis à l’archevêque que, commençant le premier jour du carême, je me ferais une onction sur la nuque avec son huile et lui demandai qu’il supplie le Seigneur de faire disparaître cette grosseur. Ainsi, pendant les quelques jours qui restaient avant le début du carême, je priais : «S’il te plaît, souviens-toi de moi, archevêque Jean. Tu sais combien je veux à nouveau porter ma croix. Prie pour moi, toi qui es agréable à Dieu. Thaumaturge béni, enlève cette grosseur qui m’empêche de porter la Croix vivifiante de notre Sauveur».
La nuit du lundi 13 mars 1978, après que j’eus dit mes prières du soir, dans mon coin d’icônes, je pris de l’huile de mon étagère, j’en mis un peu sur mon doigt et, pour la première fois, je me fis l’onction dans la région où il y avait la grosseur. Je ne ressentais rien. Combien il était étrange, pensai-je instantanément, que je manque l’endroit où il y avait cette grosseur ! Mais comment pouvais-je manquer cette grosseur ? Elle avait été avec moi pendant si longtemps. Je partis du coin d’icônes jusqu’à un miroir mural pour vérifier, mais la veilleuse n’était pas suffisante pour voir. Mon cœur commençait à battre fortement. Je me ruai vers la salle de bain, j’allumai la lumière et je vérifiai ce qu’il y avait sur ma nuque. La grosseur était partie, il n’y avait pas de sang, pas de cicatrice, pas de douleur. Avec des larmes, je retournai vers mon coin d’icônes et je remerciai l’archevêque Jean Maximovitch. Peu de temps après, je fis dire une pannikhide pour le repos du bienheureux Jean. Pour ce service, je portai ma croix pour la première fois depuis plus d’un an. Maintenant, chaque fois que je touche cette croix, je remercie le bienheureux Jean et je prierai pour lui toujours. Pour votre information, j’ai trente-trois ans, je suis marié et je suis père de deux enfants. Dieu m’est témoin que ce que j’ai écrit est la vérité.

• Dans les Philippines, j’accompagnais souvent Vladika à la ville de Guyane où, dans un hôpital philippin, il y avait des Russes qui étaient sérieusement blessés, à qui Vladika rendait visite, leur donnant de petits Evangiles et des petites icônes. Au cours d’un de ces voyages, en entrant dans le quartier russe, nous entendîmes des cris terribles semblant venir de loin. Vladika demanda la raison de ces cris. L’infirmière russe lui répliqua qu’ils venaient d’une femme qui était perdue et qui, parce qu’elle dérangeait les patients avec ses cris, avait été placée dans l’hôpital militaire américain inutilisé qui était près de ce bâtiment. Vladika décida immédiatement d’aller vers la femme malade mais l’infirmière russe lui conseilla de ne pas y aller parce qu’une odeur épouvantable venait d’elle. «Cela ne veux rien dire», dit Vladika. Et, d’un pas rapide, il alla vers la femme malade dans le bâtiment à côté. Je le suivis. En fait, il y avait vraiment une odeur insupportable qui venait de cette femme malade. Allant jusqu’à elle, Vladika mit une croix sur sa tête et commença à prier. Je sortis. Il pria pendant assez longtemps, puis il confessa la femme malade et lui donna la sainte communion. Quand nous partîmes, il n’y avait plus de cris, seulement un grognement très doux. Quelque temps passa. Au cours d’un autre voyage à l’hôpital, nous avions à peine franchi le seuil de la cour qu’une femme vint en courant de l’hôpital et se jeta aux pieds de Vladika. C’était la femme qui était perdue et pour laquelle Vladika avait prié.

Récemment, le hiéromoine Damascène1, membre de la fraternité de Saint Germain d’Alaska, a remarqué que «la chose la plus remarquable dans la vie de saint Jean tient au fait qu’il exprima par sa vie beaucoup de types de sainteté différents. […]
1. Il fut avant tout un grand ascète, dans la tradition des saints moines d’autrefois comme saint Macaire le Grand, saint Pacôme le Grand et bien d’autres…
2. Il savait lire dans les cœurs et pouvait identifier et nommer des gens qu’il n’avait jamais vus auparavant. Illuminé par la Grâce de Dieu, il pouvait entendre et répondre aux pensées des autres, avant qu’ils ne les expriment. Il prévoyait le futur, il connut ainsi le temps de sa propre mort. Ainsi, il appartint tout à fait à la tradition des grands moines et staretz d’autrefois et, plus particulièrement, à celle des Pères spirituels clairvoyants du monastère d’Optino.
3. Il fut miséricordieux dans la tradition de saint Philarète le Miséricordieux et de bien d’autres saints. […] Il se sacrifia pour les orphelins, allant les chercher dans des bidonvilles dangereux et dans des maisons de prostitution […].
4. Il fut hiérarque et théologien […].
5. Il fut apôtre, évangéliste et missionnaire, dans la tradition des saints Cyrille et Méthode […]1.
6. Il fut anargyre et thaumaturge dans la tradition de saint Martin de Tours, de saint Nicolas de Myre en Lycie et de bien d’autres […].
7. Il fut pasteur aimant se sacrifier pour son troupeau, comme saint Jean de Cronstadt et tous les autres hiérarques et prêtres saints du passé. Son amour était si grand que tout un chacun avait l’impression d’être son favori. Il débordait d’amour sacrificiel pour son troupeau et pour ceux qui était au dehors de ce troupeau également, comme en témoigne la vieille femme juive mourante qu’il guérit soudain par les paroles de la salutation pascale : «Christ est ressuscité !».
8. Il délivra le peuple de la captivivé comme le saint Théopte Moïse et saint Paulin de Nole. Il sortit cinq mille fidèles orthodoxes de Chine communiste pour les amener en Amérique.
9. Enfin, il fut, à un certain degré, fol-en-Christ dans la tradition de saint André de Constantinople. Il ne pouvait pas être fol-en-Christ dans la pleine acception du terme car cela aurait compromis la dignité de son service de hiérarque. Et pourtant, à plusieurs reprises, il fit des choses étranges pour le monde, suscitant la réprobation de gens qui ne le virent pas pour ce qu’il était : un homme de Dieu. Il fut ainsi critiqué pour avoir marché pieds nus et pour avoir porté une mitre de carton que lui avaient fabriquée ses orphelins».

Hirsute, cheveux en bataille, lunettes de guingois, pieds nus, bégayant comme le saint Théopte Moïse, ne s’accordant nul répit sur la terre des vivants, ne dormant que quelques heures, ne mangeant qu’une fois par jour, ne craignant pas d’affronter ce que les autres considéraient comme le ridicule pour sauver les âmes, ne faisant acception ni de nationalité, ni de langue, ni de quoi que ce soit devant la détresse des malades, des prisonniers, des aliénés, le bienheureux Vladika Jean est un grand Luminaire au ciel de l’orthodoxie.
Un soir de novembre 1964, alors que l’Eglise Russe Hors-Frontières célébrait la glorification de saint Jean de Cronstadt, peu de gens vinrent aux vigiles à la cathédrale de San Francisco. Un groupe de Russes avait organisé un bal ce soir-là pour Halloween, fête païenne s’il en est. Saint Jean se rendit après le service dans la salle de danse. La musique s’arrêta et il fit, bâton pastoral à la main, le tour de la salle en regardant chacun de ceux qu’il connaissait sans mot dire, à la consternation générale. Il partit, sans rien dire aussi, et le lendemain, à l’église, exprima son indignation.
Il fut un superbe père spirituel. Un de ses enfants disait, peu de temps après sa mort, qu’il n’aurait jamais plus de père spirituel car personne ne pourrait, comme Vladika Jean, lui téléphoner au milieu de la nuit pour lui dire : «Cesse de prier et va dormir, le Seigneur a entendu ta prière et l’a exaucée» !
Il allait toujours à la recherche de la brebis perdue, où qu’elle se trouve. Dans la région de Montpellier, il partit avec un diacre français de mes amis, prier sur les tombes des Russes qui étaient enterrés dans un cimetière local. Il chercha longtemps une tombe et l’on chercha avec lui, sans résultat. On n’osait pas le presser de partir car il s’entêtait à chercher, étant sûr qu’il y avait cette âme pour laquelle il devait prier dans ce cimetière. Finalement, il sortit du cimetière et, dans ce qui était l’ancien cimetière désaffecté, trouva la tombe du défunt russe qu’il cherchait et put prier pour lui.

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Que Vladika Jean cherche toujours nos âmes indignes pour les protéger et les conduire au Christ ! Amen !

Claude Lopez-Ginisty

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Ecoutez la voix de saint Jean Maximovitch!




Ecoutez sa vie ( en anglais):


Photos & Icônes:

Video de sa glorification ( en grec!):


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