"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 5 janvier 2009


nativite symbole

AU SUJET DE LA PARAMONIE DE LA FÊTE DE LA NATIVITÉ

Mardi 6 janvier, c’est la Liturgie de S. Basile le Grand qui sera célébrée. Contrairement aux idées reçues, cette liturgie ne revêt pas un caractère pénitentiel : c’est la Liturgie la plus solennelle qui existe, puisqu’elle est célébrée le Jeudi Saint, jour de l’institution de l’Eucharistie. Les vêpres précéderont la Liturgie, qui sera suivie du chant, au milieu de l’église du tropaire et du kondakion de la Nativité du Christ, devant un cierge allumé. Ce cierge placé au milieu de l’église signifie la venue parmi les hommes de « la Lumière de Vérité », « le Soleil de Justice », annoncé par l’étoile. La veille de la Nativité, l’Église appelle ses enfants à jeûner strictement afin de se préparer à venir à la rencontre du Seigneur qui descend des cieux, et à Le recevoir dignement. Nous publions ci-après, sous forme abrégée, un article du grand liturgiste russe Skaballanovitch († 1931) sur la signification de la paramonie.

Tandis qu’à certains moments, l’Église allège le carême de la Nativité en raison d’une grande fête (par exemple la fête de l’Entrée au Temple), elle le renforce au contraire durant ses derniers jours, à savoir la période de l’avant-fête, du 20 au 24 décembre (soit du 2 au 6 janvier du calendrier civil). Durant ladite période, on ne doit pas même manger de poisson le samedi et le dimanche. La raison n’en est pas la conclusion de ce carême, mais les événements qui sont alors commémorés et qui sont parallèles à ceux de la Semaine Sainte, comme cela sera évoqué plus bas. Le dernier jour du carême de la Nativité est appelé en russe « Sotchelnik », dont l’origine est le mot « sotchivo » qui, probablement, désignait un brouet de céréales sèches (par exemple de l’orge) qui se rapproche des collybes (1) , c’est-à-dire un brouet sucré fait de blé ou d’autres céréales. Il y a des raisons profondes pour consommer ce type de nourriture lors de la veille de la Nativité du Christ. Si, comme nous l’avons démontré de façon quasi certaine, le brouet servi à cette occasion correspond aux collybes, cela rapproche ce jour de ceux lors desquels on mange celles-ci. Or, elles sont prévues par le Typicon le jour des martyrs et d’autres saints, ainsi que le jour de commémoration des défunts. Lors de la veille de la Nativité, par conséquent, on mange ces collybes en l’honneur du plus Saint que tous les saints, dont les mages avaient perçu dès la naissance qu’Il serait mort durant trois jours (2) . Le Sauveur est venu sur terre, y est né dans la chair, dans le but principal de nous racheter de nos péchés par Sa mort. Pour cette raison, la veille de la Nativité, les hirmi du canon des matines sont inspirés de ceux du Samedi Saint (3). En relation avec tout cela, il convient de mentionner que, lors de la paramonie de la Nativité, est lu parfois (4)  l’évangile relatant la parabole du grain de blé qui tombe en terre (« Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12,24). Ainsi, ladite lecture évangélique explique bien les collybes en ce jour. 

(1) Ce mot est d’origine hébraïque (« koli »), mentionné dans le livre de Ruth 2,14 : « on lui donna du grain rôti » et dans le premier livre des Règnes 17,17 (selon les Septante) : « prends donc pour tes frères un oiphi de ce gruau d’orge ».
(2) Les mages offrirent au Dieu-enfant « de l’or, de l’encens et de la myrrhe » (Matth. 2,11). Comme il est dit dans l’office, les mages offrirent au Seigneur « des dons précieux : de l’or pur comme au Roi des siècles ; de l’encens, comme au Dieu de tout ; et de la myrrhe, à Lui, l’Immortel, comme à un mort de trois jours ».

(3) Par exemple : « Que les cieux frémissent d’effroi… car le Dieu du ciel est compté parmi les morts et loge en l’étroitesse du tombeau… » (hirmos de la 8è ode du canon des matines du Samedi Saint) et « Que les cieux frémissent d’effroi… car Celui qui tient en main l’univers est entouré de langes, et la petite crèche Lui sert d’hôtellerie » (hirmos de la 8è ode du canon des matines du 24 décembre). 

(4) Cet évangile n’est lu lors de la paramonie, que lorsque les vêpres sont célébrées séparément de la Liturgie, à savoir le samedi ou le dimanche. Dans cette dernière occurrence, il y a possibilité de lire deux évangiles, l’un à la Liturgie et l’autre à vêpres. Par conséquent, ce n’est que pour cette raison « pratique » que ledit Évangile n’est pas toujours lu.

Texte & traduction  fournis 
par Bernard Le Caro 
que nous remercions vivement

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