"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 31 juillet 2008

Molitva Russkikh (The Prayer of the Russians)

Saint Nil le Myrrhoblyte: L'amour de l'argent


Нил Мироточивый

LA RACINE DU MAL EST L’AVARICE 
ou L’AMOUR DE L’ARGENT
L’avarice est annonciatrice de l’Antéchrist. Le Saint Esprit, par les Prophètes, a prophétisé l’économie de l’incarnation du Christ, les Prophètes annoncèrent la Vérité au monde. A l’opposé, l’avarice a apporté au monde la fausseté. L’absence de vérité conduira à l’incarnation de destruction quand la grande tribulation viendra sur le monde. Comme les paroles des Prophètes prévoyaient l’économie de l’incarnation du salut, de même l’augmentation des soins apportés à l’acquisition de propriétés et de revenu est prégnante de la proximité de l’incarnation du royaume de destruction du monde, de la naissance de l’Antéchrist qui sera un réceptacle diabolique achevé et la destruction incarnée.
De même que le Précurseur et Baptiste prêchait le baptême dans la Vérité, et convertissait alors le peuple à la Voie du Salut, ainsi au contraire, les nombreuses préoccupations de l’homme enténèbreront ses sentiments et le rendront insensible au salut. A cause de leur préoccupation des choses corporelles, les hommes ne se soucieront plus de leur salut, ils ne ressentiront ni le désir de la vie éternelle, ni la crainte du jugement dernier.
De cette manière les hommes perdront le sentiment (le sentiment intérieur, la vision spirituelle, la méthode par laquelle nous atteignons à une connaissance supérieure) et ils ne seront pas capables de percevoir Dieu. Ils s’adonneront à la boisson et à la gloutonnerie de mets fins et ils s’entoureront de beaux bâtiments à l’architecture magnifique. Dans ces plaisirs, ils s’abandonneront à leurs sens corporels, ne satisfaisant que la chair, comme pour la préparer à une éternelle orgie festive. Comme ils ne s’occuperont que de leurs sens charnels, ils ne rechercheront que les mets raffinés et s’efforceront de n’atteindre qu’à ce but. Par une telle attirance envers la souillure charnelle, les hommes deviendront abominables aux yeux de Dieu. Oui, Dieu les abhorrera, comme Il abhorra le peuple d’avant le déluge, mais du moins montra-t-Il envers lui de la miséricorde, ne serait-ce que par l’Arche de repentance. Dieu désirait que son peuple de toujours, voyant la construction de l’Arche se repente, mais ce peuple tourna ses regards vers la chair, devint insensible à Dieu et à l’Arche et ne put comprendre le sens de l’Arche. Cette insensibilité les conduisit dans les profondeurs des eaux [où ils périrent].
Saint Nil le Myrrhoblite du Mont Athos 
Version française Claude Lopez-Ginisty

mercredi 30 juillet 2008

La Prière du cœur pour les laïcs


Elder Joseph
LA PRIERE DU CŒUR 
POUR LES FIDELES 
QUI VIVENT DANS LE MONDE 
par 
Geronda Joseph l'hésychaste
( Mont Athos)
On me pose la question de savoir “s’il est possible à ceux qui vivent dans le monde de pratiquer la prière noétique”. La réponse est oui! Afin de rendre cette affirmation claire à ceux qui sont intéressés et d’informer ceux qui ne sont pas conscients de cette possibilité, nous allons brièvement expliquer afin que nul ne soit dans l’embarras à cause des diverses interprétations et définitions qui sont données de la prière noétique.
En général, la prière est la seule occupation et la seule vertu obligatoire et indispensable à tout être rationnel, qu’il soit doué de sensations et de pensée, qu’il soit humain ou angélique. C’est la raison pour laquelle [l’apôtre Paul] nous enjoint de prier sans cesse.
La prière n’est pas divisée dogmatiquement en types et méthodes mais, selon les Pères, tout type de prière et toute méthode de prière est bénéfique, pour autant qu’elle ne soit pas sous l’influence d’une illusion diabolique. Le but de cet exercice très vertueux et de diriger et de garder l’intellect de l’homme vers Dieu. Dans ce but, nos Pères ont mis au point des méthodes de prière plus accessibles et ont simplifié la prière, afin que l’intellect puisse plus facilement et de plus en plus fermement se tourner vers Dieu et demeurer en Lui. Avec les autres vertus, les autres parties du corps de l’homme interviennent ainsi que les sens tandis que le bienheureuse prière de l’intellect seul est pleinement active. Ainsi, beaucoup d’effort est nécessaire pour faire violence à l’intellect et pour le brider, afin que la prière devienne acceptable et produise des fruits. Nos très saints Pères, qui aimaient Dieu pleinement avaient pour but principal de leur étude, de s’unir à Dieu et de rester continuellement en Lui. Ils mirent de ce fait tous leurs efforts dans la prière pour parvenir à cette fin.
Il est d’autres formes de prière qui sont connues et communes à presque tous les chrétiens: nous n’allons pas en parler à présent. Nous nous limiterons à ce que l’on appelle la prière noétique, car c’est elle que l’on nous demande toujours d’expliquer. C’est un sujet qui concerne une multitude de fidèles puisque presque rien n’en est connu, qu’elle est souvent mal interprétée et décrite d’une manière assez invraissemblable. La manière précise de la mettre en pratique aussi bien que les résultats de sa vertu déifiante qui mène de la purification à la sanctification, nous laisserons les Pères en parler. Dans notre indigence, nous ne mentionnerons que ces choses qui sont nécessaires pour clarifier ce sujet et convaincre nos frères vivant dans le monde qu’ils doivent s’adonner à cette prière.
Les Pères l’appellent noétique parce qu’elle est faite avec l’intellect ( nous en grec), mais ils l’appellent aussi sobre vigilance ( nepsis) ce qui signifie presque la même chose. Les Pères nous décrivent l’intellect comme être libre et curieux qui ne supporte pas l’enfermement et n’est pas persuadé par ce qu’il ne peut concevoir de lui-même. C’est la raison pour laquelle, ils ont d’abord choisi quelques mots qui ont composé une seule prière très simple, “Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi”, afin que l’intellect ne doive pas fournir un gros effort comme pour une prière longue. Ensuite, ils tournèrent l’intellect vers l’intérieur, vers le centre de notre raison, où il doit se tenir immobile dans l’invocation du très doux Nom de notre Seigneur Jésus, afin de ressentir la divine consolation aussi vite que possible. Il est impossible selon les Pères, que notre bon Maître, ainsi appelé continuellement, ne nous entende pas, Lui Qui désire si ardemment le salut des hommes.
De même qu’une vertu à laquelle on aspire ne peut être obtenue que par des moyens favorables, ainsi, cette œuvre sainte demande quelques rudiments indispensables: un certain degré de calme, être libre de tout souci, éviter de vouloir comprendre et de répandre la nouvelle de ce qui arrive alors, “donner et prendre” comme le disent les Pères, une discipline personnelle en toute chose, et le silence absolu qui résulte de ces choses. De plus, je ne pense pas que cette persévérance et cette habitude soient hors d’atteinte des êtres pieux qui s’intéressent à cette sainte activité. La bonne habitude de prier à heures régulières, le matin et le soir aux mêmes heures, serait un bon début.
Nous avons là certainement mis l’accent sur l’élément le plus indispensable dans la prière. Ceci est justement mis en relief par Saint Paul, “soyez persévérants dans la prière.” ( Col.4:2) A la différence des autres vertus, la prière nécessite un effort de notre vie entière et, pour cette raison, je répète à ceux qui tentent de faire cet effort, de ne pas se sentir entravés, ni de considérer la nécessité de faire preuve d’endurance requise par cette prière, comme un défaut qui entacherait cette œuvre de sobriété.
Au début, il est nécessaire de dire la prière dans un murmure, ou plus fort quand on est confronté à la contrainte ou à la résistance intérieure. Quand cette bonne habitude est prise, au point que la prière est soutenue et peut être dite aisément, alors, on peut se tourner vers l’intérieur dans un silence absolu et total. Dans la première partie du livre des Récits du Pélerin, nous est donné un bon exemple d’initiation à cette prière. Une grande persévérance, un grand effort, avec les mêmes paroles inaltérées de la prière engendreront une bonne habitude de cette prière. Cela amènera le contrôle de l’intellect, et, à ce moment-là, la présence de la Grâce sera manifestée.
De même que chaque vertu a un résultat qui lui correspond, la prière engendrera la purification de l’intellect et son illumination, jusques au bien le plus haut et parfait, l’union avec Dieu, c’est-à-dire en réalité la divinisation (théosis). Cependant les Pères nous préviennent ainsi: il appartient à l’homme de s’efforcer d’entrer dans la voie qui conduit à la Cité, et si, par hasard, il n’arrivait pas au terme du parcours, Dieu le mettrait au nombre de ceux qui sont parvenus au but. Pour être plus clair, surtout sur ce sujet de la prière, je veux expliquer comment nous tous, chrétiens devont combattre dans la prière, particulièrement celle dite monologique ou noétique. Si l’on parvient à une telle prière, on en retirera grand profit.
Version française Claude Lopez-Ginisty

mardi 29 juillet 2008

Première prière à sainte Barbara écrite en français

Prière à Sainte BARBARA 
( publiée à Anvers en l’An de Grâce 1505)



Великомученица Варвара


Cette prière est une des première prières 
à la Sainte Mégalomartyre Barbara 
écrite en français.

Oraison à Saincte Barbara

O saincte et noble vierge, saincte Barbara, 
martyre très digne, 
très belle rose du paradis, 
lis de pureté, thresor de vertus,
 belle comme la pleine lune,
 perle reluisante en la couronne de Jésus;
 quand par ton païen père Dioscore
 tu fus maçonnée dedans une tour,
 lors tu fus par Jésus-Christ 
merveilleusement illuminée en la foi,
 baptisée et à Lui donnée comme épouse eslente .
Très bien sçavois exposer à ton père
 les trois fenestres de la tour, 
quant aux trois personnes de la saincte Trinité, 
dont lui mesme par tes cheveux t’a mené 
et tiré au juge et faict miserablement flageller: 
voire en la parfin
 il t’a de ses propres mains décollée : 
Je te prie veuille moy impetrer à Dieu 
qu’en ma dernière fin 
je puisse heureusement estre gardé(e) 
et muni du sacrement
 du très saint Corps et Sang de Jésus-Christ 
et de la sainte huyle contre toutes tentations,
 et au royaume des cieux puisse parvenir.
 Amen!

lundi 28 juillet 2008

Saint Côme d'Etolie




VIE 
DE NOTRE PERE PARMI LES SAINTS 
COME D'ETOLIE 
(1714-1779).

Saint Côme naquit à Mega Dendron en Etolie, il alla étudier à l'école de Vatopédi au Mont Athos et déja laïc pratiquait l'ascèse monastique. Il fut tonsuré à Philothéou et cédant aux injonctions et aux prières de ses frères, accepta le sacerdoce. Dans son coeur il gardait le désir d'enseigner à ses frères restés au pays sous le joug des Turcs et vint le jour où, après une révélation du Ciel et muni de la bénédiction des Anciens, il partit tout d'abord afin de voir son frère qui enseignait à Constantinople, y apprit de lui la rhétorique et puis il commença à prêcher le Royaume de Dieu dans tous les villages près de la Ville. Il alla ensuite partout, dans le Dodécanèse, à Corfou, à Zanthe, à Thessalonique, il lui arriva même de retourner prêcher à la Sainte Montagne!
Partout les foules se pressaient pour l'entendre, son langage était simple et direct comme celui des apôtres du Christ et ses paroles étaient confirmées par des miracles: les malades étaient guéris, les ennemis réconciliés, le Christ retrouvait sa place dans le coeur des hommes...Partout il établit des écoles gratuites pour l'enseignement de la langue et de la culture grecque afin que par l'éradication de l'ignorance, la piété refleurisse.
Les églises étant trop exigues, il prêchait dehors, près d'une croix qu'il plantait devant un tabouret sur lequel il dominait la foule. Ces croix elles-mêmes accomplirent des miracles après son passage, (à Argostoli, une source miraculeuse en jaillit). Il persuadait les riches de lui donner de l'argent qu'il redistribuait ensuite sous formes de livres, de chapelets, de peignes - il exhortait les hommes à porter la barbe- ou de croix. Il convertissait les coeurs et les âmes d'une manière définitive tellement grande et sainte était l'impression qu'il laissait à ses auditeurs. De quarante à cinquante prêtres le suivaient (!); avant qu'il ne prêche, les gens se confessaient, jeûnaient, célébraient des vigiles...et les miracles s'ajoutaient aux miracles. Même les Turcs le vénéraient en certains lieux!
La jalousie et la colère des marchands juifs et chrétiens impies et l'hostilité de certains Turcs - le saint s'opposait au travail le dimanche dans les bazars- causèrent la mort du saint. Il fut accusé d'être un agent des Russes prêt à fomenter des troubles contre les Ottomans. Un premier complot échoua, un second appuyé par l'argent réussit et le saint fut secrètement arrêté, pendu puis jeté dans une rivière près du village de Kolikontasi ( 20 Août 1779 ). Il y fut retrouvé par le prêtre Marc qui l'enterra derrière le sanctuaire de son église. 
Il convient de noter que la première église dédiée à St Côme fut construite par le Gouverneur musulman d'Albanie, Ali Pacha qui estimait beaucoup le saint. Ce fut aussi ce même Pacha Ali qui fit faire sur ses propres deniers un reliquaire d'argent pour conserver le précieux chef du saint et qui veilla à ce qu'un office soit composé en son honneur!
Saint Côme d'Etolie égal aux apôtres, fut glorifié le 20 Avril 1961.

TROPAIRE ton 3
En enseignant la divine foi, tu as richement orné l'Eglise* Et tu es devenu l'émule zélé des Apôtres* Car sur les ailes de l'Amour Divin* Tu as proclamé haut et fort le message de l'Evangile* O glorieux Côme, supplie Dieu qu'il nous accorde Sa grande miséricorde. 

Saint Côme a laissé de nombreux textes: lettres, sermons, enseignements, et un certain nombres de prophéties ( il avait prévu l'invention du téléphone, de l'avion, de la télévision - un diable dont les cornes serait sur le toit des maisons! ) dont certaines furent vérifiées lors de la guerre de libération.
Version française C. L.-G. d'après diverses sources 

dimanche 27 juillet 2008

Saint Archevêque Luc ( Voino-Yasenetsky)de Simféropol


Saint Luc de Simferopol

Saint Archevêque Luc ( Voino-Yasenetsky)
Un jour d’Avril 1957, un vieil homme monta en chaire et prêcha le sermon qui suit... Ses ouailles burent ses paroles. Ce n’était pas un clerc ordinaire, c’était le grand archevêque Luc Voino-Yasenetsky, moine, savant célèbre et chirurgien renommé, et il était dans sa huitantième année.
L’idée-même qu’un scientifique et un érudit puisse avoir la foi apparaissait totalement ridicule à la plupart des gens de l’URSS, pourtant pendant plus de quarante ans sous le régime soviétique, l’archevêque Luc fit vigoureusement état de sa foi.
Ce fut au tournant du siècle qu’il décida de devenir médecin de campagne. Pendant quinze ans, il se dévoua à sa tâche pratiquant quelquefois près de mille opérations par an.
Puis vint la révolution. En 1917 alors qu’il était chirurgien en chef à Tachkent, il fut emmené pour être fusillé avec d’autres membres de la “ bourgeoisie”. Il échappa à la mort seulement parce que ses bourreaux se trouvèrent être d’anciens patients qu’il avait guéris et qui se souvenaient de sa compassion. Sa jeune épouse contracta la tuberculose et mourut de froid et de faim. Le cœur brisé, le jeune veuf se mit à travailler sans cesse pour faire face à cette séparation cruelle. Il fit des conférences, écrivit, et opéra sans discontinuer. Il ne prenait nul repos et souvent ne mangeait pas car il n’acceptait nul rétribution de ses patients miséreux.
Après être devenu prêtre en 1921, il portait deux chapeaux: il donna des conférences sur la pathologie, mais il portait toujours sa soutane et une grande croix pectorale- pratique qui devait irriter les autorités.
Il devint évêque, fut arrêté et exilé deux fois en Sibérie orientale et une fois aux rives de l’Océan Arctique. Mais partout où il se trouvait, il commençait à soigner les malades et à prêcher. Si les églises étaient fermées, il les ouvrait illégalement! Il opérait aussi des patients atteints du cancer, redonnait la vue et il sauva un jour un patient atteint de défaillance rénale en lui greffant un rein de veau.
Les soldats, ses compagnons de captivité, les professeurs, les paysans, les pêcheurs, les évêques, tous avaient quelque histoire édifiante à raconter sur lui.
En tous temps il enjoignit à ses fidèles d’être sans crainte face à la propagande religieuse et à la persécution. Il poursuivit son combat jusqu’à sa mort en 1961... Il a été glorifié par le Patriarcat de Moscou.

"J’espère que ce que je vais vous dire ne vous semblera pas être un discours d’autosatisfaction. Je dois vous dire que je ne cherche pas ma propre gloire, mais celle de Celui qui m’a envoyé... Je sais que de nombreuses personnes ne comprennent pas comment, ayant obtenu une certaine reconnaissance comme scientifique et quelque renom comme chirurgien, j’ai pu abandonner la chirurgie et la science pour prêcher l’évangile du Christ.
Ces gens qui pensent que la science et la religion sont incompatibles, se trompent lourdement. Ce n’est pas vrai, nous savons en effet par nos livres d’histoire que beaucoup de grands savants comme Newton, Pasteur et notre grand physiologiste Pavlov étaient des hommes profondément religieux. Il y a parmi nos propres savants modernes de nombreux savants qui m’ont demandé de les bénir.
...Mais je dois vous dire que je trouve l’œuvre de Dieu en moi merveilleuse au-delà de toute logique. Je vois maintenant clairement que depuis mes jeunes années le Seigneur me conduisait à la prêtrise.
Bien sûr, je n’en étais pas conscient. Je ne pensais jamais que j’allais devenir prêtre. Ce qui me plaisait surtout, c’était la chirurgie. Je m’y consacrais totalement. Elle remplissait ce besoin que j’avais de servir les pauvres et les malades et de parer à leurs difficultés pas tous les moyens en mon pouvoir.
Je me souviens avec étonnement de quelque chose qui advint il y a soixante ans. J’avais fini mes études secondaires et reçu un certificat d’études secondaires. Mon proviseur me tendit le certificat à la cérémonie de remise des diplômes: il était inséré dans un Nouveau Testament.
J’avais déjà lu le Nouveau Testament, mais alors je le lus à nouveau, du début à la fin cette fois. Et je notais tout ce qui m’y avait frappé.
Rien ne me fit plus grande impression que ce que Jésus disait à ses apôtres à la vue d’un champ de blé mûr: “La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson...”
Je fus terriblement ébranlé par ces paroles. En moi-même je m’écriais: “ Seigneur, pourquoi as-Tu si peu d’ouvriers pour Ta moisson?”
Je me souvins de ces paroles toute ma vie.
...Plusieurs années passèrent. Je reçus le diplôme de Docteur en médecine pour ma dissertation sur l’anesthésie locale. Je devins ensuite médecin de province, traitant les malades et les ouvriers, travail qui me donna entière satisfaction.
Le temps passa et je décidais d’écrire un livre sur la chirurgie septique. Ce fut alors que j’en écrivais l’introduction que cette étrange pensée me vint à l’esprit: Quand ce livre sera terminé, il portera le nom d’un évêque sur sa première page.” Cette pensée ne me quittait pas. Mais d’où venait cette idée? Que signifiait-elle? De quel évêque était-il question?
Je n’avais jamais pensé à devenir prêtre, alors évêque? Pourtant, quelques années plus tard cette pensée était devenue réalité. Quand je finis le livre, j’étais évêque. Sur la page de titre, j’écrivis : Evêque Luc, Essais de Chirurgie Septique.
Tout ceci arriva tout à fait sans que je m’y attende. Néanmoins, cela arriva en réponse à un appel très clair de Dieu.
J’étais médecin en chef à l’hôpital de Tachkent, à cette époque. Le conseil diocésain se réunit à la Cathédrale et j’y assistais. J’y fis une intervention longue et enflammée sur un sujet d’importance. A la fin de la réunion, l’évêque Innocent prit mon bras et me conduisit à l’extérieur. Il parla de la profonde impression que mon discours avait fait sur lui et soudain, s’arrêtant, il me dit:” Docteur, vous devriez devenir prêtre...”
Je pris cet appel à la prêtrise de l’Archevêque comme un appel de Dieu, et sans plus réfléchir je répondis: “ D’accord, Monseigneur, j’accepte.”
Le dimanche suivant je fus ordonné diacre et une semaine plus tard prêtre. Je développai une grande vocation pour prêcher et j’organisai des discussions en dehors des temps de services à l’église. Quand les athées argumentaient, j’étais impitoyable dans mes réponses.
Deux ans plus tard , je devins évêque. Ce fut alors que le Seigneur me conduisit à la ville lointaine de Yeniseisk.
Tous les prêtres de cette ville, ainsi que ceux de la capitale régionale étaient membres d’un mouvement qui soutenait le pouvoir soviétique: je célébrais donc les offices dans mon appartement avec les trois prêtres qui m’accompagnaient.
Un jour, alors que j’allais commencer un office, je vis un vieux moine qui se tenait à la porte d’entrée. Il me regarda fixement, comme si était frappé de stupeur, oubliant même de s’incliner devant moi.
Il finit par me dire la raison de sa surprise. Apparemment les croyants orthodoxes de sa région, ne voulant pas prier avec leurs prêtres infidèles, l’avaient choisi et envoyé vers le sud afin qu’il soit ordonné prêtre par un évêque orthodoxe. Cependant, une force inexplicable le força à venir vers le nord, à Yeniseisk où je vivais.
Je compris aussi pourquoi il avait été stupéfait de me voir. Dix ans plus tôt, je vivais alors en Russie centrale, il avait eu un rêve. Il rêva qu’un évêque inconnu l’ordonnait. Me voyant, il avait reconnu l’évêque de son rêve.
Il semble que dix ans auparavant, alors que j’étais chirurgien dans mon hôpital, j’étais déjà considéré comme évêque aux yeux de Dieu!
Vous voyez comment pendant ces dix ans, le Seigneur Dieu m’a conduit pour le servir comme archevêque en un temps difficile pour l’Eglise.
...Je pourrais vous raconter encore beaucoup de choses sur la manière miraculeuse que la main de Dieu utilisa pour guider ma vie, mais je pense en avoir assez dit pour vous demander de dire avec moi:” Gloire à notre Dieu, maintenant et à jamais! Amen”

D'après Light Beyond the Iron Curtain
Version française Claude Lopez-Ginisty

Prière du cœur selon Joseph l'Hésychaste

LA PRIÈRE DU CŒUR 
selon 
le saint moine
Joseph l’Hésychaste du Mont Athos




Pour commencer à maîtriser la prière de Jésus, tu dois te forcer à dire la prière sans discontinuer…

Dis la prière rapidement au début: l’intellect ne doit pas avoir le temps de former des pensées qui vont te distraire.

Prête attention seulement aux paroles de la prière :« Seigneur Jésus-Christ, Aie pitié de moi ! »

Quand la prière est dite oralement pendant une longue période de temps, l’intellect s’y habitue et se met finalement à la dire de lui-même.

Alors elle devient aussi douce que du miel dans la bouche et l’on désire continuer à la dire tout le temps.

Si on arrête de dire la prière, on ressent alors une grande détresse. Quand l’intellect s’y habitue, et s’en est rassasié, alors il l’envoie vers le cœur.

Comme l’intellect fournit de la nourriture à l’âme, la tâche de l’intellect est d’envoyer tout ce qu’il voit ou entend, bien ou mal, au cœur.

Le cœur est le centre des pouvoirs spirituels et physiques, le trône de l’intellect.

Ainsi quand on dit la prière, en se gardant d’imaginer quoi que ce soit avec son intellect, et ne se concentrant que sur les paroles de la prière, alors, respirant doucement avec une certaine contrainte, de sa propre volonté, on fait descendre l’intellect dans son cœur.

On garde alors l’intellect dans son cœur, comme dans une geôle, en disant rythmiquement la prière:« Seigneur Jésus-Christ, Aie pitié de moi ! »

Au début, on dit la prière un certain nombre de fois et l’on reprend une inspiration.

Plus tard, quand l’intellect est habitué à rester dans le cœur, on dit une prière sur sa respiration : en inspirant : « Seigneur Jésus-Christ, » et en expirant : Aie pitié de moi ! »

Ceci se poursuit jusqu’à ce que la Grâce recouvre ton âme et commence à y agir… Au-delà est la théorie.

La prière est dite partout : assis, debout, au lit, et en marchant.

« Priez sans cesse, dit l’apôtre, en toute chose rendez grâces ». Cependant, il ne suffit pas de prier avant de dormir…

La prière est un combat : on commence à prier debout. Quand on est fatigué, on s’assied.

Quand tu es fatigué, assied-toi ! Puis lève-toi si tu sens que tu vas t’endormir.

C’est ce que l’on nomme Praxis : on montre à Dieu ses bonnes intentions, mais tout dépend de Lui : Il donne ou ne donne pas !

Dieu est le commencement et la fin. Sa grâce est la force directrice qui agit en toute chose.

Quant à savoir comment l’amour commence à agir, tu le comprendras quand tu garderas les commandements.

Quand tu te lèves la nuit et que tu pries, quand tu vois quelqu’un qui est malade  et que tu le prends en compassion, quand tu vois une veuve, des orphelins, des vieillards  et que tu es charitable envers eux, alors Dieu t’aime ! Et toi tu l’aimes aussi.

Dieu aime premier et fait descendre Sa Grâce, et nous lui donnons ce qui est à Lui : « Ce qui est à toi, nous Te l’offrons ! »

Si tu cherches à trouver Dieu dans la prière, ne respire pas une seule fois sans prier !

Veille seulement à n’accepter aucune imagination dans ta prière.

Car le Divin ne peut être contenu dans une forme, dans une imagination  ou dans une couleur. Il est suprêmement parfait,

Il n’est pas sujet aux syllogismes. Il agit comme une brise subtile dans nos esprits.

La componction vient lorsque tu considères combien tu as affligé Dieu Qui est si bon, si doux, si aimable, Qui est tout Amour ;  Qui a été crucifié et a souffert pour nous. Médite sur ces sujets, ils t’apportent la componction.

Ainsi, si tu es capable de dire la prière sans discontinuer pendant deux ou trois mois, tu pourras t’y habituer.

Alors la Grâce viendra sur toi et te rafraîchira !

Dis la prière à haute voix, sans t’arrêter : quand l’intellect prendra le relais pour dire la prière, cesse de la dire oralement.

Il faut la force de la langue au début jusqu’à ce que tu t’y habitues.

Après, Pendant toutes les années de ta vie, ton intellect dira la prière sans effort.

Je suis sûr que tu trouveras la prière. N’en doute point !

Frappe directement à la porte de la miséricorde divine, et le Christ viendra certainement t’ouvrir. Il est impossible qu’Il ne t’ouvre point.

Plus tu l’aimeras et plus tu recevras de dons. L’importance de Son don, grand ou petit, dépend de ton amour, grand ou petit !

Version Française Claude Lopez-Ginisty
D’après les paroles 
Du Saint Staretz Joseph L’Hésychaste
De La Sainte Montagne De L’Athos.

samedi 26 juillet 2008

Miracle de l'icône de la Mère de Dieu "Racine de Jessé"





ICONE DE LA MERE DE DIEU “RACINE DE JESSE”

Le 23 Août 1994, dans la région de Thessalonique, un couple de médecins, l’époux étant pédiatre et l’épouse dentiste, se baignaient avec leur petite fille de neuf ans nommée Calliopi. La petite fille, surprise par un remous, coula et se noya. Retirée de l’eau, elle était déjà morte et elle fut emmenée à l’hôpital de Thessalonique où son décès ne put qu’être confirmé. 
Le père, homme pieux, téléphona à une amie, Gérondissa Epikharis pour expliquer le malheur survenu et demander des prières. L’higoumène dit au père d’espérer en la miséricorde de Dieu, elle promit d’envoyer aussitôt un drap qui avait servi à maintenir l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu d’Andros pendant la procession de sa fête. Le père manifesta qu’il n’y avait plus rien à faire, mais qu’il acceptait ce don précieux, il mettrait ce linceul sur le corps de sa petite fille afin que la mère de Dieu emporte son enfant auprès d’elle en paradis. 
Le drap arriva, Calliopi était morte depuis près de neuf heures déjà. On mit le drap qui avait touché l’icône miraculeuse sur son corps comme pour la recouvrir d’un linceul, et elle ressuscita!
Les médecins prévinrent les parents que le fait qu’elle était restée morte pendant si longtemps avait certainement créé des lésions au cerveau. Ils donnèrent aux parents un sac plastique de médicaments pour l’enfant lorsqu’elle sortit de l’hôpital. 
Dans la voiture, sur le chemin du retour, le père pria la Mère de Dieu, Lui disant que si Elle avait ramené sa petite fille des morts, Elle pouvait aussi faire qu’elle ne garde aucune séquelle de cet accident. Il ouvrit la vitre de sa voiture et jeta les médicaments par la fenêtre. Calliopi est sortie de cette aventure sans aucun dommage. Elle est la meilleure élève de sa classe.
Le 25 juillet 1995, elle est allée avec ses pieux parents au Monastère Saint Nicolas d’Andros où se trouve l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu “ Racine de Jessé”. Ses parents ont tenu à témoigner du miracle de notre Toute-Sainte auprès de l’higoumène Dorothée.
Très Sainte Mère de Dieu, sauve-nous!
Claude Lopez-Ginisty 
d'après le témoignage de l'Higoumène Dorothée de Saint Nicolas d'Andros

vendredi 25 juillet 2008

Staretz Cléopas de Roumanie (2)


Fr. Cleopa Ilie (1912 - 1998) - Sihastria Monastery, Romania (32)
Enseignements du staretz Cléopas (2)

-Généralement notre peuple prie peu mais avec beaucoup d'humilité. Peut-il espérer le salut avec un si petite mesure de prière? Comment les malades ou ceux qui ne savent pas lire peuvent-ils prier?

Notre Sauveur Jésus-Christ a dit: Quand vous priez, ne faites pas de vaines répétitions comme les païens qui pensent être entendus à cause de l'abondance de leurs paroles. Ne soyez pas comme eux, car votre Père sait ce dont vous avez besoin avant que vous ne Le lui demandiez ( Matt 6:7-8). Puis Il nous a appris le Notre Père. Ainsi notre Sauveur Lui-même, nous a appris à prier brièvement. Quiconque dit de courtes prières mais avec humilité et componction, sera sauvé. Souvenons-nous de ce saint staretz qui pria pendant quarante ans avec la même prière: " Seigneur en tant qu'homme j'ai péché, en tant que Dieu, pardonne-moi."
*
-Comment peut-on accomplir le commandement de l'Apôtre Paul "Priez sans cesse"?

Tout le monde peut prier sans cesse s'il marche toujours devant Dieu dans son intellect et son cœur. Il peut travailler de ses mains tandis que son intellect et son cœur sont élevés vers Dieu. La seule chose que je doive ajouter est que la chose la plus importante dans la prière spirituelle est que notre intellect et notre cœur sont inséparables de Dieu, quels que soient le temps et le lieu où nous nous trouvions. Nous devons toujours être conscients de la présence de Dieu. Cette tâche s'applique à toutes formes de prière et est considérée comme prière ininterrompue," selon St Théophane le Reclus. C'est le sentiment et la contemplation spirituelle de Dieu que le bienheureux Prophète David eut quand il dit:" Je mets le Seigneur constamment sous mes yeux, puisqu'Il est à ma droite, je ne chancellerai pas.( Ps 15:8). Ainsi nous devons comprendre que la vie d'un fidèle est une prière incessante si son intellect est toujours avec Dieu.
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-Quand nous accomplissons de bonnes œuvres, est-ce aussi une forme de prière à Dieu?

Oui. L'Apôtre Paul nous le dit ainsi: " Et quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par Lui des actions de grâces à Dieu le Père." ( Col. 3:17) Quand on fait une bonne action pour la gloire de Dieu, ou que l'on parle pour les autres pour la gloire de Dieu, c'est la prière des œuvres. Ainsi St Théodore le Studite, conseillant ses disciples, leur dit:" Celui qui fait de bonnes actions et obéit avec humilité et sans protester accomplit la liturgie et la prêtrise" ( Quatrième Homélie)
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-Comment les chrétiens doivent-ils se tenir à l'église pendant les offices, comment doivent-ils prier et quels sont leurs devoirs lorsqu'ils vont à l'église?

Dans l'église, les chrétiens doivent se tenir avec foi, crainte de Dieu et attention. Ils doivent s'efforcer de prier autant que possible sans distraction et avec componction.Les chrétiens ont aussi les devoirs suivants: aller régulièrement à l'église car quiconque manque les offices- à l'exception des malades- est privé des Saints Mystères, être réconciliés avec tous les hommes et demander pardon à tous ceux que l'on a offensé, préserver sa pureté au moins deux jours avant d'aller à l'église et au moins un jour après, arriver suffisamment tôt aux offices divins afin d'avoir le temps de vénérer en paix [les icônes et reliques] et entendre les Matines. Tout chrétien devrait offrir quelque don au Seigneur, selon ses possibilités, même si ce don est modeste, comme sacrifice du travail de ses mains. Ils doivent donner des noms à commémorer et demander au prêtre de prélever des parcelles [de la prosphore] pour les vivants et les défunts de leurs familles. Les chrétiens doivent se tenir avec modestie et bon ordre dans l'église, les hommes à droite et les femmes à gauche. Ils doivent porter des vêtements propres et modestes et les femmes doivent avoir des foulards sur la tête. Il est interdit de parler sans grande nécessité pendant les offices. Après le commencement de la Divine Liturgie, chacun doit rester à sa place et ne pas se déplacer pour vénérer les icônes. Ils doivent suivre la Liturgie avec une pieuse attention et écouter les prières et le chant du chœur, la lecture de l'Epitre de l'Evangile et le sermon. Personne ne doit, sans grande nécessité, quitter l'église avant la fin de la Liturgie. Ceux qui se sont confessés et préparés pour la Sainte Communion, doivent lire les prières avant la Communion à l'avance et avant d'approcher les Saints Dons, ils doivent demander pardon à tous les fidèles. Après la Liturgie, ceux qui ont reçu la Communion, doivent lire les prières appropriées, passer la journée dans la joie spirituelle et se garder de toutes tentations. Les parents doivent amener leurs enfants à l'église régulièremet, veillant à ce qu'ils reçoivent la Communion au Corps et au Sang du Christ. Après la fin des offices divins, les chrétiens doivent retourner avec révérence chez eux, passer le reste de la journée à penser à des sujets saints, à lire des livres spirituels et à visiter les malades.Ils ont aussi l'obligation de dire à ceux qui ne sont pas allés à l'église, ce qu'ils ont entendu et appris à l'église des tropaires, des lectures et du sermon. Voilà les devoirs les plus importants des chrétiens quand ils vont à l'église, les dimanches et jours de fête.
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-Un frère lui demanda: "Père, parle-moi du Royaume de Dieu."

Ecoute, frère. Le Royaume de Dieu n'est pas fait de paroles mais de puissance, c'est-à-dire de bonnes œuvres.
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Un laïc en visite lui demanda:" Père Cléopas, je me suis querellé avec quelqu'un et lui ai demandé pardon plusieurs fois, mais il ne veut pas me pardonner. Que dois-je faire pour être réconcilié avec lui?

Ne lui dis plus rien, ne parle pas mal de lui aux autres non plus, mais prie Dieu pour lui et pardonne-lui dans ton cœur. En son temps, la colère s'éteindra comme un feu privé de bois.
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- Quelqu'un lui demanda: "Qu'en dîtes-vous, Père Cléopas, est-ce un péché de fumer?" 

Je n'ai pas vu écrit dans le Saint Evangile, "Ne fume pas, " mais j'ai vu écrit "Ne juge pas". Cependant, fumer est un péché.
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-Quels sont les devoirs d'un père spirituel envers ses enfants spirituels et ceux de ces derniers vis-à-vis de lui?

Le père spirituel a de grands devoirs vis-à-vis de ses enfants spirituels: il doit veiller sur eux, les instruire, et prier Dieu pour leur salut. Les enfants spirituels ont le devoir d'obéir à leurs maîtres spirituels, de demander leur avis et bénédiction pour toute chose, de lutter pour se corriger et de prier pour leur père spirituel.
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-Quel est le plus exigeant des sept sacrements ?

Le sacrement de confession: Par ce sacrement on sauve un âme et on est sauvé ou bien l'on détruit quelqu'un pour l'éternité. Néanmoins, nul autre sacrement ne peut mieux gagner une âme pour le Royaume de Dieu que la Sainte Confession. Mais les responsabilités et les dangers d'un prêtre confesseur sont si grands que St Jean Chrysostome écrit:" peu de confesseurs sont sauvés". Et il écrit aussi à propos de la prêtrise: " Dans les derniers temps seulement trois prêtres sur mille seront sauvés." Ces paroles du saint sont effrayantes et terribles.
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-Que pouvez-vous nous dire à propos des confessions générales sans confession individuelle des péchés et sans la prière d'absolution lue sur la tête de chaque personne, ainsi que cela se pratique dans certains endroits de nos jours?

Une telle confession est anti-canonique et elle n'a pas le pouvoir d'un sacrement et les péchés restent sans absolution. Une telle pratique doit être complètement abandonnée afin de ne pas abroger le Sacrement de la Sainte Confession pour la condamnation du prêtre et du peuple.

Traduction de Claude Lopez-Ginisty 
d'après Conversations spirituelles avec des Startsy Roumains
du Père Ioannique Balan,
 dans la version américaine 
de la revue ORTHODOX WORD,
 PLATINA CA, USA 


jeudi 24 juillet 2008

Staretz Cléopas de Roumanie (1)


Fr. Cleopa reading a prayer in his cell (38)
Le Staretz Cléopas de Sihastria 
Quiconque visite la Roumanie et ses monastères sans rencontrer le Staretz Cléopas et s'entretenir avec lui, se prive de la myrrhe la plus odorante du monachisme roumain contemporain. [Cet article fut écrit avant la bienheureuse naissance au ciel du staretz]
Ceci n'est nullement une exagération. Son visage illuminé, ses paroles de consolation, son enseignement spirituel convaincant et ses nombreux écrits ascétiques et apologétiques, suffisent à indiquer la haute stature de ce rare représentant du monachisme roumain contemporain. 
Le Père Cléopas est né dans le district de Botosani de Moldavie en 1912. A l'âge de 17 ans, il est entré au monastère de Sihastria où, avec ses deux frères, il devint disciple du grand Staretz Ioannique Moroi et il progressa rapidement en obéissance, prière et éducation. Après vingt ans d'ascétisme au monastère, on perdit sa trace pendant une décennie quand il s'éloigna dans les Carpathes inaccessibles où seul avec le Dieu-Un, il se voua à l'acquisition perceptible dans son cœur de la grâce divine. Tous les éléments naturels, visibles et invisibles, le battirent afin de le détruire, de faire fléchir son noble esprit mais le martyr volontaire du Christ supporta tout cela. Il choisit l'isolement, la réclusion et la mort du vieil homme afin de trouver la résurrection et la grandeur du paradis.
Aujourd'hui, à l'âge de [huitante ans], il a une chevelure blanche comme neige, un visage empreint de componction un intellect illuminé et un cœur consacré à Dieu, à son monastère et aux pélerins avec un amour inébranlable. Il est toujours prêt à supporter ceux qui chancellent, à montrer de la miséricorde aux pauvres, à conduire les novices par la main et à enseigner la repentance, l'amour divin, et l'humilité à tous. Il est le Père Spirituel du monastère de Sihastria et de nombreux moines qui viennent à lui de toute la Roumanie pour entendre une parole de salut. On voit ainsi de nombreuses âmes souffrantes attendre à l'extérieur de sa cellule dans le monastère, afin de recevoir sa bénédiction, s'agenouiller sous son épitrachelion et recevoir la rémission de leurs péchés.
La journée du Staretz Cléopas est divisée en trois période de huit heures. Pendant la première, la nuit, il se repose un peu et prie. Pendant la période suivante, il lit les Sainte Pères et écrit et durant la troisième, il est à la disposition de ses disciples et des pélerins qui viennent à lui pour être confessés ou enseignés. 
Afin d'être capable de prier et d'écrire sans être dérangé, chaque matin il quitte sa cellule proche du monastère et rejoint une autre cellule située au nord, à vingt minutes de marche. Il demeure là seul tout le jour, écrivant sur son expérience spirituelle et dans l'après-midi, il redescend à sa cellule proche du monastère pour recevoir les fidèles et confesser les moines. 

Un après-midi semblable, nous le vîmes, portant un schème en cuir de mouton brodé de laine blanche, descendre lentement, tenant un grand chapelet à la main.
"Père Cléopas, bénis!"
" Que le Seigneur vous bénisse! Bienvenue!"
Ensemble nous rejoignîmes sa cellule où nous fîmes connaissance et peu de temps après, nous commençâmes à lui poser des questions.
Que faites-vous maintenant, Père Cléopas? A quel travail vous consacrez-vous en ce moment?
" Je viens de finir les sermons des fêtes du Sauveur et de la Mère de Dieu et aujourd'hui j'ai commencé à écrire des homélies pour les fêtes des grands saints. Aujourd'hui j'en ai écrit une pour la fête de St Grégoire le Décapolite dont les reliques incorrompues sont au monastère de Bistrita en Olténie. J'ai commencé à écrire un autre livre de sermons sur le monde merveilleux de la création de Dieu- le ciel et la terre, la mer, les animaux, les oiseaux etc- en fait sur la façon dont la présence de Dieu est révélée dans la nature comme dans une icône. Mais je le finirai l'année prochaine, si Dieu veut, après avoir fini les sermons des saints."
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" Père Cléopas, que dois-je dire à mon père spirituel quand il me demandera ce que fait Père Cléopas?"
" Dis-lui que Père Cléopas commet des péchés."
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Je lui dis alors: " Priez pour le hiéromoine Georges et sa synodie."
" J'ai perdu le sens commun à cause de mes péchés- c'est vous qui devez prier pour moi."
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Après beaucoup d'hésitations, il céda à notre insistance et la conversation continua fructueusement.
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"Père Cléopas, quelle est la tâche d'un moine?"
"Tout moine et tout laïc a le devoir d'exprimer sa foi véritable en Dieu par la prière, la crainte de Dieu et celle de la mort."
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"Quelles sont les vertus les plus importantes d'un moine cénobite?"
" L'obéissance, la confession sincère et le retranchement de la volonté propre. Selon les Pères, ce sont les éléments de la triade bien connue: la chasteté, l'obéissance et la pauvreté."
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"Père Cléopas, donnez-moi une parole profitable pour les higoumènes et les pères spirituels." Et il me dit ceci:
" Tout père spirituel et higoumène devrait être comme l'escargot quand il veut punir quiconque et comme un dauphin quand il s'agit de pardonner. L'escargot chemine lentement, ainsi un père spirituel ne devrait-il pas être prompt à punir quelqu'un. Le dauphin nage très rapidement dans l'océan et ainsi un père spirituel devrait immédiatement pardonner à quiconque se repent et corrige sa faute."
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" Père Cléopas, donnez-nous une parole profitable aux vieux moines."
"Ceux qui sont âgés devraient vivre dans l'humilité de cœur et dans une ascèse corporelle moindre, car le prophète David a dit:"Je me suis fait humble et le Seigneur m'a sauvé."
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" Une parole de consolation pour les malades."
"Dieu attend d'eux, deux œuvres: rendre grâces à Dieu et la prière incessante."
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"Une parole pour le cuisinier du monastère."
"Cuisiner est une grande prière devant Dieu quand on sert par amour du Christ. Le cuisinier est le meilleur des frères."
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"Une parole pour "l'organisateur" du monastère."
" Il devrait exercer son discernement et distribuer les diverses obédiences selon la force de chacun."
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"Une parole pour ceux qui servent à l'église."
Ils doivent servir avec crainte de Dieu, dans la prière mentale, comme si Dieu Lui-même étant devant eux, ceci est la prière la plus haute."
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" Une parole pour le jardinier du monastère."
" Selon St Théodore Studite, ceux qui servent avec amour et esprit de sacrifice accomplissent la Liturgie."
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"Staretz, comment pouvons-nous acquérir les larmes dans la prière?"
" Les larmes appartiennent à trois catégories: elles peuvent être spirituelles, humaines ou naturelles, et démoniaques. Les premières viennent de la crainte de Dieu, de l'amour divin, du souvenir de la mort et de l'enfer et de la mémoire de nos péchés. Les deuxièmes surviennent principalement entre parents et ne sont ni dangereuses ni utiles. Les larmes malignes viennent de la rage, du désespoir, de l'avarice, de l'égotisme, de l'animosité contre quelqu'un, etc..."
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"Quand la grâce de Dieu nous abandonne-t-elle?"
"Quand nous sommes conquis par l'orgueil, les mauvaises pensées, et le découragement."
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"Comment l'homme parvient-il à l'humilité?"
"Par l'obéissance, le retranchement de sa volonté propre et la cons¬cience de ses péchés."
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"La répétition continuelle de la prière sans la conscience de nos péchés nous est-elle bénéfique?"
"Cela aide d'avoir cette conscience, mais quand l'intellect est épuisé, nous pouvons dire la prière oralement."
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"Père Cléopas, donne-moi une parole profitable pour les novices."
"Soyez obéissants, lisez les Saints Pères et les Saintes Ecritures car par cette lecture, l'intellect est illuminé et le désir ardent du combat spirituel est allumé et résonne comme une trompette pour la bataille contre l'ennemi."
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"Quand est-on prêt pour la vie d'hésychaste?"
"Quand on est humble est obéissant en toutes choses, que l'on lit les Saintes Ecritures et les Saints Pères, lorsque l'on a la bénédiction de son père spirituel et que l'on a vécu suffisamment d'années dans un monastère."
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"Que devrions-nous faire quand il y a trop d'étrangers et de pélerins dans le monastère?"
"Accueillez-les tous avec humilité et amour. St Ephrem dit que l'hospitalité est la seule manière de parler du Christ à une âme et de la Lui gagner."
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"Qu'est-ce que l'égotisme?"
"L'égotisme et l'amour de soi sont les mères, les racines et les sources principales de tous les péchés."
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"Quelle est la plus haute signification du mot "repentir"?
"Le repentir est la conscience de notre état de pécheur, quand notre cœur se brise à cause de nos péchés."
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"Que dîtes-vous du monde d'aujourd'hui?"
" Aussi mauvais [ ce monde ] soit-il, Dieu a de l'amour. Si Son amour devait cesser, le monde serait détruit. L'amour de Dieu donne naissance à la miséricorde et avec Sa miséricorde, Il protège le monde entier aujourd'hui. La compassion de Dieu est sur toutes ses oeuvres. Dieu aime tout ce qu'il a créé. Il n'aime pas le péché car Il n'en est pas la cause, mais Il aime les hommes même quand ils pèchent."

Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après le livre Pélerinage en Roumanie Orthodoxe 
du moine Damascène de Grigoriou, 
dans la version américaine 
de la revue ORTHODOX WORD,
 PLATINA CA, USA

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mercredi 23 juillet 2008

Vie de sainte Syre d'Arcy sur Aube




Sainte Syre d’Arcis sur Aube 
( † 640)
Mariée à 18 ans, elle devint veuve fort jeune et perdit l’usage de ses yeux dans un accident. Elle embrassa alors le christianisme et entendant parler des miracles accomplis par Saint Savinien, elle se mit à la recherche de son corps. A cause des persécutions, on ne savait plus où il se trouvait alors. 
Guidée par un petit enfant, elle se mit en prière fervente et s’arrêta en un lieu où elle recouvra soudain la vue. On fouilla l’endroit désigné par ce miracle insigne et l’on découvrit le corps de Saint Savinien en parfait état de conservation. Syre se consacra alors à la garde du saint tombeau et mourut quelques huit ans après cette invention. Son propre tombeau devint un lieu de pélerinage et son intercession se manifesta plus particulièrement pour les malades atteintes par la maladie de la pierre ( calculs), la gravelle et les hernies.

Un ancien manuscrit comporte cette prière adressée à Sainte Syre:
La Royale Syre dont chaque malade ressent le pieux secours est célèbre dans toutes plaines de la Champagne. Par son secours la pesante Hernie abandonne les Reins chargés de graviers. Toute fracture est guérie par son intercession. Préserve, je t’en conjure mes entrailles de toute douleur. Nous croyons que tu es le vrai remède à un si grand mal, prie pour nous le Roi du Ciel, pieuse Syre, afin qu’Il guérisse nos organes de la pierre.

Un poète du XVIème siècle, Pierre Grognet, écrivait en 1533:
Et memement madame Saincte Syre
Est près de là qui tant faict par vrai dire
Signes patents qu’on voit ung chaque jour
Miracles faicts dont ont eu doulx séjour
Gens graveleux et rompus de la Pierre
Qui de maints lieux y vont pour la requerre.
Brief ung chacun y trouve allègement
Comme on le voit. Qui le dit point ment.

Un livre d’heures adresse lui cette prière à Sainte Syre:
[ ...Saincte Syre...]
Dévotement je te requier
De cœur enclin et te supplie
Qu’il te plaise de nettoyer
Mon corps de toute maladie.
Par tes vertz et sainsctetez,
Des reins pierres grosses et dures
Sont boutez hors et degettez... 
Et gravelle pareillement.

Compilation C.L.-G. d'après diverses sources 

mardi 22 juillet 2008

Miracle de Saint Jean de Cronstadt


Un miracle de saint Jean de Cronstadt
Par le Père Serge ORLOV
Protopresbytre de l'Eglise Russe de Genève

Quand j’étais prêtre à Riazan en 1874, un membre de ma paroisse vint me voir pour me dire que son épouse avait un abcès de l’oreille moyenne. Il me demanda de prier pour elle et il envoya un télégramme au Père Jean [de Cronstadt]. Le lendemain il revint tout joyeux et il me dit que son épouse qui souffrait terriblement avait soudain cessé de gémir et s’était endormie. Ceci était arrivé au moment exact où le télégramme était arrivé entre les mains de Père Jean. Le docteur qui vint lui rendre visite le matin s’exclama avec surprise:” Quel miracle! L’abcès a disparu!”
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après Alexander SEMENOFF TIAN-CHANSKY, The Life of Father John of Cronstadt, Mowbrays, Londres ( sans date)

lundi 21 juillet 2008

La prière du mainate


LA PRIERE DU MAINATE
Le Saint Staretz Ambroise d’Optino, un des ascètes les plus célèbres de l’Eglise Russe, insistait beaucoup sur la pratique de la prière de Jésus. Il avait pris pour règle de vie, le conseil de saint Jean Climaque: "Fustige tes ennemis avec le Nom de Jésus, car il n’est pas d’arme plus puissante dans les cieux ou sur la terre." Il narrait de nombreuses anecdotes pour montrer l’importance de la prière mentale. En autres récits il avait l’habitude de raconter cette histoire très édifiante:
“ Un certain chrétien pieux avait un mainate chez lui, et il lui apprenait à parler. L’oiseau apprit aussi les paroles “ Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi!” que répétait souvent son maître. Par une belle journée d’été, l’oiseau trouvant la fenêtre ouverte, s’envola dans la rue. Alors un faucon le vit du haut du ciel et fondit sur lui. Le mainate surpris par l’attaque, n’eut d’autre cri que la prière et le faucon -chose admirable- se retira aussitôt comme si quelqu’un le chassait.
Que remarquons-nous-là? concluait le Staretz, sinon que même si la prière de Jésus est dite inconsciemment, elle produit des fruits et rend possible l’impossible.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après Watchfulness and Prayer,
Publication du Monastère de St. Grégoire Palamas
Koufalia, THESSALONIQUE, 1992

dimanche 20 juillet 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville


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Sortie de la Cathédrale.On reconnaît saint Jean à la croix blanche de son klobouk

Portrait spirituel de Jordanville (11)
Ecoutons ce que dit le moine Benjamin, qui est directement lié à la vie et à l'œuvre de Père Cyprien au monastère de la Sainte Trinité...Père Benjamin se souvient...
C'était durant l'hiver froid et neigeux de 1977-78. A cause des lourds paquets de neige sur la route de Jordanville, on avait l'impression de rouler à travers un tunnel de neige sans issue. Après la Californie du Sud ensoleillée, le monastère couvert de neige ressemblait à quelque chose qui sortait d'un livre d'histoire. Je suis arrivé au monastère avant le grand carême. Tout y était nouveau et inhabituel. Au début, cela paraissait un  peu isolé.
Rencontrer l'archimandrite Cyprien m'a aidé. J'avais été prévenu qu'il était strict, grognon et qu'il fallait avec lui être sur ses gardes. En ce jour particulier, Père Cyprien peignait le réfectoire des frères. J'allai à lui pour une bénédiction. Nous nous sommes présentés. Sans y réfléchir, j'ai mentionné que j'étais artiste. Immédiatement il m'a donné un pinceau, et tandis que nous travaillions, Père Cyprien faisait des remarques sarcastiques à propos de mes capacités. Plus tard, il me reprocha souvent d'être un "artiste". Il agissait comme si j'avais été au milieu de son chemin toute la journée. Pourtant sous cette apparente sévérité, on pouvait sentir ses yeux bons et sympathiques qui vous observaient, vous interdisant de prendre ses commentaires trop à cœur.
Peu de temps après, Père Cyprien s'arrêta dans ma cellule, s'assit et nous commençâmes à parler sans réserve, presque comme des égaux. Avant de partir, il medit:" Tu devrais venir vivre dans le studio d'iconographie." Et j'ose dire que nous sommes devenus amis. ma vie au monastère a commencé sous sa houlette paternelle. Je suis devenu très attaché à lui, ce qu'il repoussait quelquefois en disant: " Sais-tu ce que disait le Roi Salomon? Si tu veux garder un ami, évite d'ouvrir la porte de sa maison trop souvent!" Et ainsi je dus tenir compte de cela, alors que j'avais tant de questions et qu'il semblait avoir réponse à tout.
La première leçon spirituelle qu'il m'enseigna, était une leçon de charité. Un jour je m'arrêtai dans sa cellule alors qu'il ouvrait une lettre contenant une demande d'assistance pour un fonds d'aide aux aveugles. Il me dit: "Regarde, je leur enverrai cinq dollars et demain l'argent reviendra multiplié par trois!" Je pensais qu'il plaisantait, mais le jour suivant un philanthrope lui envoya quinze dollars. C'est alors que je fus intéressé et que j'éprouvai sa théorie moi-même. Ce n'était pas facile, parce que je n'avais économisé que trois dollars. Ce même jour, un séminariste vint me demander de lui prêter trois dollars. Ce n'était pas facile de me séparer de mes dernières économies, mais me souvenant de la leçon de Père Cyprien, je décidai d'essayer et je donnai l'argent. Exactement une heure plus tard, je m'arrêtai  dans ma cellule, et quelqu'un avait laissé trente dollars sur le lutrin. Jusques à ce jour je ne sais qui c'était. Le même jour, je reçus dix dollars pour avoir nettoyé la cellule de Père Cyprien, et encore dix dollars quand je passai l'aspirateur dans la cellule de Père Michel Pomazansky alors que d'habitude je ne recevais rien pour cela car cela faisait partie de mon obédience. C'est alors que je décidai que trop c'était trop! C'était devenu effrayant, Je décidai de ne plus jamais tester à nouveau la miséricorde de Dieu ainsi. Cela ne veut pas dire que la leçon devrait toujours se répéter avec cette même progression mathématique, pourtant l'essence de cette leçon, était que le Seigneur était avec nous dans nos moindres besoins et en tant que novice fraîchement arrivé au monastère, il était important pour moi d'être familiarisé avec ce fait.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
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