"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 2 septembre 2008

Saint Théophane le Reclus/ Psaume 118 (13)

Святитель Феофан Затворник



Kaph. Paume de la main. Frappée par la vie, l'âme cherche Dieu.

La 11ème octave est placée sous la lettre Kaph - la paume de la main. La paume peut frapper ou caresser. Le prophète présente ici une personne insultée, écrasée par l'injustice et qui en appelle à Dieu pour l'aider. Ce qui est décrit ici, ressemble beaucoup à l'histoire de Job, des martyrs, et de tous ceux qui luttent contre le péché et les passions. Nous avons là une brève leçon sur la manière de trouver de la force, et la façon de procéder dans la lutte interminable contre les difficultés de la vie spirituelle.

Verset 81 : "Mon âme défaille pour ton salut, et j'ai mis toute mon espérance en tes paroles."

L'âme, écrasée, ballottée par les événements ou par l'ennemi de notre salut, supplie Dieu de la sauver de la persécution, des offenses, des épreuves. C'est aussi un cri de l'âme demandant à être délivrée du péché et de la perdition éternelle. Mais ces paroles expriment les sentiments de l'âme pieuse qui a mis en Dieu toute son espérance.

Verset 82 : "Mes yeux défaillent à cause de ta parole, disant : quand me consoleras-tu ?"

Les yeux de l'espérance sont enchaînés dans l'attente de la consolation du Seigneur. Ce verset exprime aussi la patience inflexible qui est soutenue par cette espérance. Telle était la patience du martyr qui avait souffert pendant vingt-huit ans, telle est la patience de tous ceux dont les prières ne sont exaucées que très lentement. Une telle patience montre à l'évidence une foi extraordinaire en Dieu.

Verset 83 : "Car je suis devenu comme une outre exposée à la gelée ; je n'ai pas oublié tes jugements."

Bien que le croyant soit arrivé au bout de ses forces, et soit devenu une outre sans vie, sa dévotion pour Dieu ne l'a pas quitté. La chair sensuelle, comme une outre, doit être exposée à la mortification pour dessécher le péché. Ceci peut être un processus très long et le fidèle trouve un soutien à sa loyauté dans les ordonnances de Dieu.

Verset 84 : "Combien reste-t-il de jours à ton serviteur ? Quand feras-tu justice de ceux que me persécutent ?"

Les années passent sans que l'intercession de Dieu ne se fasse jour. Les méchants qui insultent sont quelquefois punis ici-bas, mais cela n'est pas toujours le cas. Dans certains cas, comme dans celui de Lazare, la justice est repoussée jusqu'à la fin dernière.

Verset 85 : "Les méchants m'ont entretenu de propos futiles ; mais cela ne vaut pas ta loi."

Les méchants et le péché essaient de nous égarer nous montrant leurs propres manières de vivre. Quand ils réussissent et que l'on se rend à eux, ils dissimulent leurs attaques. Le désir divin de nous sauver, montre au grand jour ces ruses de l'ennemi, et nous prévient quand le mal nous est offert sous le voile de la vertu.

Verset 86 : "Tous tes commandements sont vérité : on m'a persécuté injustement, sauve-moi."

Les commandements de Dieu sont la vérité, le péché est fausseté. La conviction d'être sur le chemin de la vérité produit une ferme résolution de s'y maintenir ; cela donne du courage et de l'inspiration, mais cela n'empêche pas le chagrin et afin de ne pas être vaincu par lui, ceux qui se consacrent à Dieu ont recours à la prière.

Verset 87 : "Il s'en est fallu de peu qu'ils ne m'achèvent sur la terre ; mais je n'ai pas abandonné tes commandements."

Tous les saints martyrs peuvent dire une telle chose : au commencement ils étaient consternés par les flatteries, puis torturés et finalement, ils étaient mis à mort. On peut voir là la plus forte séduction du péché, et son rejet final par l'âme.

Verset 88 : "Vivifie-moi selon ta miséricorde, et je garderai les témoignages de ta bouche."

Le Prophète, ne s'appuyant pas sur sa propre vérité ni ne demandant la protection de Dieu à cause de sa fidélité, s'humilie devant Dieu, et en appelle à la miséricorde de Dieu pour être capable de garder ses témoignages. Il demande à la grâce de Dieu de l'animer et ainsi de lui donner la force de garder ses témoignages.


Le Psaume 118
d'après le commentaire de
Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide)

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